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C.F.G.A.P.D.K 11 Novembre 2006

 

Indications des défauts inhérents aux mésalliances et leurs conséquences.

"Conséquences visibles de la Retrempe chez le Griffon Korthals"


Examinons quelques exemples de défauts physiques que peuvent engendrer des géniteurs de races étrangères à notre griffon :

En général, les éleveurs véreux, vont chercher le sang de races britanniques : le Pointer ou les Setters, car leur principal souci est de rechercher l’entreprise et la vitesse.
Mais le braque allemand a aussi été utilisé et même dans le passé l’épagneul breton, mais dans ce dernier cas le résultat a été tellement catastrophique qu’il ne semble jamais avoir été renouvelé

1) Prenons le Pointer.

Au point de vue morphologique l’utilisation du Pointer risque d’entraîner une augmentation de taille et une tendance à une construction inscrite dans un carré, au lieu du rectangle. En effet, le corps du pointer doit s’inscrire dans un carré. Au niveau de la taille, dans leur standard, les femelles pointers peuvent être pratiquement aussi grandes que les mâles : 54 à 60 cm pour les femelles, 55 à 62 cm pour les mâles. De plus les POINTERMEN sont moins scrupuleux que nous sur le chapitre de la taille de leurs chiens qui sont parfois plus grands… d’où, pour nous un risque d’augmentation de taille en pratiquant ces métissages.

Par ailleurs les Pointers ont en général une ceinture abdominale fine (ventre maigre), la fameuse taille de guêpe…Cela se retrouve chez certains de nos griffons qui portent ainsi le signe d’une infusion probable de pointer dans leurs veines.

Dans la tête, des lignes de tête du pointer sont convergentes, ce qui se traduit par une truffe « relevée », on constate souvent ce défaut, plus ou moins accentué, chez les griffons retrempés de pointer.

D’autre part le stop du pointer est très accentué, ce qui peut évidemment se retrouver dans les croisements.

Un autre défaut, peut être plus difficile à cerner, le pointer a le bout de l’oreille triangulaire, alors qu’il est légèrement arrondi chez le griffon, de plus chez le pointer l’oreille est plus fine que chez le griffon.

Par ailleurs, il importe de toujours vérifier la forme des pieds de notre griffon qui doit être ronde ( pieds de chats), alors que chez le Pointer les pieds doivent être ovales (pieds de lièvres), or…on constate des pieds ovales chez certains griffons.

Enfin, bien entendu au niveau du poil, le poil ras du Pointer n’est pas fait pour arranger pas le fameux poil dur du Griffon et son sous-poil : le métissage va entraîner des poils ras et surtout un manque de sous-poil.

De même qu’au niveau de la couleur, le blanc va ressortir d’une manière ou d’une autre : soit en plaques de blanc pur, ce qui est éminemment suspect, soit dans des robes entièrement blanches, un blanc sale ou ivoire.

Nous avons l’exemple, d’un étalon métissé de pointer qui a marqué et qui continue à marquer sur plusieurs générations, les portées dans les quelles il figure, par la production de chiots entièrement blancs ivoire.) René ESPARBES, Jacques BAUZOU, peuvent aussi en témoigner.

Il existe une autre théorie sur ce phénomène : selon le Pr. COURREAU, « une hypothèse vraisemblable de gène récessif qui, en double exemplaire chez un chiot, donnerait un phénotype "sub-albinos". Comment ce gène est-il arrivé en KORTHALS ? Plutôt qu'une origine exogène (autre race), je verrai plutôt, ces chiots étant bien typés KORTHALS, une mutation (d'ancienneté indéfinie) comme on a pu en constater dans quelques autres races… »

Cette hypothèse paraît bien être battue en brèche par le Dr Pierre LAUTIER, qui fait valoir que pour les portées d’où sont issus ces chiots blancs, on trouve dans d’autres portées de mêmes origines, des chiots tricolores (quatre-oeillé) qui sont fatalement issus de métis.

Signalons que la couleur sable unicolore, quoique assez rare, fait partie de la gamme des 12 couleurs acceptées chez le Pointer et que par ailleurs, le gêne quatre-oeillé est présent chez certains Pointers.

Par conséquent, ces gênes peuvent être transmis chez des sujets croisés avec des Pointers et sont les signes évidents de mésalliances.

2) Passons au Setter Anglais :

Au point de vue morphologie, le corps su Setter Anglais comme celui du Griffon doit s’inscrire dans un rectangle, il n’y a donc aucun risque de dérive sur ce point.

Par contre l’ossature du Setter est plus légère que celle du griffon qui est plus puissante. Le Setter est plus’’ léger’’ de constitution, surtout depuis que le type de Setter moderne français, a été fortement ’’ allégé’’.( Le standard international F.C.I. donne des mensurations nettement plus élevées, que le standard français, notamment au niveau de la taille…de l’ordre de 8 à 9 cm supplémentaires et le reste de la charpente va de pair)

Au niveau donc de la taille, c’est comme chez le Pointer, les femelles peuvent être presque aussi grandes que les mâles, ( 53/ 58 cm contre 56/62 cm pour les mâles.) Donc, plus élevée que chez le Griffon : d’où risque donc d’augmentation de la taille par les croisements. La construction suit, les Setters sont plutôt minces, avec des ventres étroits, ils ont généralement une allure svelte.

Aujourd’hui on voit des griffons ’’épais’’ comme des planches à pain…ce n’est pas du tout dans le type et provient incontestablement de remontées d’hybridation Setter.

Au niveau de la tête, les crânes sont bombés chez le Setter, alors qu’ils sont plutôt plats chez le griffon . Les axes du crâne et du chanfrein sont parallèles dans les deux races, toutefois la tête du setter est plus fine que celle du griffon, on dit quelle est plus sèche. A noter que le chanfrein et le crâne doivent être de même longueur chez le griffon.

Le stop doit être bien marqué, alors que chez le griffon il doit être « moyennement » marqué.

Mais surtout l’œil est ovale chez le setter et ça, c’est un signe qui ne trompe pas dans la recherche des métissages et qu’il faut absolument repérer et pénaliser dans les concours de beauté.

Un autre signe encore plus visible est celui du poil, c’est certainement le repère le plus important de mésalliance avec des Setters, chez le Griffon. Ce défaut ne peut provenir que des Setters.

Les setters ont un poil long, fin et soyeux , il est admis qu’il soit légèrement ondulé… Cela se traduit dans les croisements avec des griffons par des poils évidemment longs, souvent souples, avec disparition du sous-poil ; mais ces poils longs deviennent parfois ondulés, souvent rêches, parfois frisés…semblable au poil de chèvres.

Les Setters ont de très longues franges sur les fesses, c’est inacceptable chez le Griffon.

Les garnitures ( sourcils, barbe et moustaches) peuvent être également affectés et s’atrophient….c’est à surveiller et va généralement de pair avec d’autres stigmates.

La couleur du poil est aussi, bien sur, très influencée avec ces genres de croisements, les poils sont souvent jaunâtres ou roux ou décolorés et, apparaissent bien entendu les stigmates du gêne ’’ quatre-oeillés’’ précité avec les petites tâches et les chaussettes jaunes.

A noter aussi, les robes unicolores blanches existant chez le Setter Anglais, en général accompagnées de mouchetures…Ces mouchetures, « plus ou moins nombreuses avec des taches plus ou moins grandes » se retrouvent fatalement dans les descendances de griffons croisés avec des Setters LEMON ou Blanc et marron (exceptionnel.)

arrêt couché du setter

3) Le Setter Irlandais :

Le Setter Irlandais a plusieurs similitudes morphologiques avec le Setter Anglais, mais il est en général plus grand de l’ordre de 4 à 5 cm supplémentaires, d’où le danger, encore plus accru d’augmentation de la taille lors des croisements Mais surtout le Setter Irlandais a une conformation étroite, il est plus étroit au niveau de sa cage thoracique et au niveau de la ceinture abdominale, ce qui, allié à sa grande taille, lui confère une allure enlevée. On dit parfois qu’il est épais comme une lame de couteau…Cela lui donne d’ailleurs une certaine élégance. C’est cette conformation fine et étroite que l’on peut retrouver chez les hybrides. Cela se traduit également au niveau de la tête, qui est proportionnée : sèche et émaciée. Ce qui associé aux bonnes garnitures du griffon, donne un effet de tête excessivement étroite, toute en hauteur, à « la Ben LADEN… »

A noter également les yeux ovales, et les oreilles attachées très bas.. qui ne sont pas de mise chez le griffon.

Mais la tare qui se révèle la plus importante, se situe de toute évidence et encore une fois, au niveau du poil qui, comme pour le Setter Anglais, prend une longueur excessive au niveau des franges, le poil lui même étant assez court.

On perd le poil dur et le sous poil, en grande partie. Le poil de couverture, devient long et souple, ou peut ressembler au fameux poil de chèvre précité, légèrement frisé et dont la couleur surtout devient plus que douteuse…

La gamme de couleur s’étend du beige en passant par le fauve et en allant jusqu’au rouge, qui est la couleur spécifique du Setter Irlandais, avec toute la gamme des délavés dans ces teintes. Il importe d’être particulièrement attentif aux couleurs fauves et rouges de certains griffons qui doivent incontestablement être associées à d’autres tares exogènes, afin de les pénaliser sévèrement.

4) Le Braque Allemand.

Le braque allemand a été aussi utilisé et continue de l’être, pour la retrempe par certains éleveurs malhonnêtes. Les effets se font ressentir bien sûr au niveau de la taille qui est plus élevée d’environ cinq centimètres par rapport aux griffons.

Par ailleurs il y a les effets maléfiques au niveau du poil, poil ras avec perte de sous-poil, et au niveau de la couleur, où le marron apparaît souvent très foncé en comparaison au marron habituel du griffon. L’infusion du sang B.A. peut également entraîner des effets truités dans la robe, on peut le constater sur quelques griffons, il s’agit bien évidemment de défaut pénalisant.

Le Braque allemand ayant été également « allégé » par métissage avec des pointers, on retrouve souvent le même genre de défauts que ceux précités au chapitre du Pointer.

5) Le Drahthaar qui n'est pas de la famille des Griffons mais de celle des Braques à poil dur... … qui redonnerait du poil dur mais dont il faut évidemment se méfier compte tenu de ses origines braques…

Conclusions : La liste des stigmates de mésalliances qui précède n’est pas exhaustive, mais elle résume, en gros, les principaux défauts constatés dans le phénotype de notre griffon, lorsqu’il y a eu des croisements.

En résumé on peut dire que tous les métissages réalisés avec les races précitées ont de fortes chances d’entraîner des augmentations de taille, tous les standards de ces races comportant des limites de taille supérieures à celles de notre race.

Dans la morphologie, on risque de perdre le côté robuste et puissant de la construction de notre chien. Un des plus gros défaut, si ce n’est le plus gros se constate, au niveau du poil : qui peut être ras et sans sous-poil, mais surtout qui la plupart du temps, devient trop long, soit trop souple et ondulé, soit trop long et frisé avec des couleurs délavées allant du sable, en passant par la gamme des jaunes et des fauves. On perd le poil dur et la pigmentation « gris acier »…..mais aussi parfois les garnitures si typiques de notre race.

Ensuite la forme de l’œil ovale qui est à proscrire, les lignes de crâne et les nez droits, l’implantation des oreilles.

Bref, on se retrouve « hors type ».

Il faut noter au passage, que ces stigmates d’hybridation n’apparaissent généralement pas de façon isolée, mais que souvent ils ressortent de façon simultanée.
Par exemple avec un poil de bique, on relèvera un œil ovale et un ventre maigre…ou chez un sujet à poils longs et fauves des lignes de cranes divergentes, etc. etc
.

Restent à savoir les décisions que souhaite prendre aujourd’hui le comité du Club français du Griffon d’arrêt à poil dur, compte tenu des dérives importantes et croissantes constatées dans le type, depuis une bonne décennie environ .Il importe d’être vigilant et sévère pour préserver le type, cela passe par des pénalisations exemplaires au niveau de la confirmation et au niveau des jugements dans les expositions de beauté. Ce sont les seuls moyens actuellement à sa disposition, en attendant peut être, ultérieurement, de nouveaux progrès dans le domaine génétique qui permettraient de mettre plus facilement en évidence les métissages, notamment par la comparaison d’A.D.N. entre collatéraux. Etc..

Bien entendu, il importe de compléter ce comparatif avec celui des aptitudes et des allures spécifiques de notre chien, sur les terrains, par rapport à celles des autres races utilisées dans sa retrempe. Cela permettra aussi de mettre en évidence d’autres caractères étrangers au style de notre race et de les pénaliser.

Nous avons le devoir de défendre et de maintenir notre type, si nous voulons que subsiste notre race.

 

JACQUES CARPENTIER
11 Novembre 2006