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LA TAILLE CHEZ LE GRIFFON… Oct. 2006

 

 

Interview de Philippe ROCA, S.G. du AWPGA (Club Américain du Griffon Korthals)

Ph.ROCA : Jacques CARPENTIER, où en êtes-vous au sujet de la taille des Griffons en France ?

J.Car. : Il y a quelques décennies au moment de la mise sur le marché des aliments préfabriqués (les croquettes etc.), nous avons constaté une élévation de la taille chez nos griffons, comme cela s’est d’ailleurs passé dans toutes les races. D'autre part, l'hybridation sauvage pratiquée par certains éleveurs français a amené une augmentation de taille dans la race ; il faut que nous combattions cela en étant beaucoup plus sévères dans nos jugements.
Nous avons donc décidé de contenir ce phénomène.

Ph.ROCA : Pour quelles raisons ?

J.Car. : La principale raison est liée à la morphologie. Le corps du Griffon doit s’inscrire dans un rectangle, or nous avons constaté qu’avec les élévations de taille, la forme du corps tendait vers le COB, ce qui est très ennuyeux parce que cela a une incidence sur les allures spécifiques à la race.
Nous tenons énormément à conserver notre type et notre identité.
De plus, les grands chiens sont encombrants.

Ph.ROCA : Comment avez-vous fait ?

J.Car. : D’une part, nous avons été aidés par le système de confirmation qui existe en France et qui permet d’écarter de l’élevage des sujets porteurs de défauts.
D'autre part les juges, à notre demande, ont été et restent très attentifs sur les limites de la taille chez nos griffons, les femelles ne doivent pas dépasser 55 cm et les mâles 60 cm pour accéder aux premiers prix dans les expositions.
Nous avons toutefois institué une fourchette de tolérance de 2 cm en plus pour les mâles et pour les femelles de façon à tenir compte du phénomène de l’élévation générale de la taille précitée.
Ces tolérances ne permettent pas cependant d’entrer dans les premiers prix.

Par ailleurs, notre commission d’élevage recommande de ne pas utiliser les géniteurs les plus grands pour la reproduction.
Deux géniteurs de taille élevée engendreront des chiots qui deviendront tous de taille élevée.
Dans l’union d’un géniteur de grande taille avec un géniteur de petite taille, on obtiendra une répartition de petits et de grands...
L’idéal est donc de faire reproduire des chiens restant dans les limites du standard.

Ph.ROCA : Ce phénomène est-il plus ennuyeux pour les mâles que pour les femelles ?

J.Car. : En général, on dit que le système d’imprégnation est plus élevé chez les femelles que chez les mâles, ce qui reste à prouver.
D’un autre côté, le mâle est en général plus productif, il peut faire plusieurs saillies à la suite et engendre donc un plus grand nombre de chiots. Surtout s’il s’agit d’un sujet réputé.
Il importe donc d’être très sélectif dans les jugements afin de ne primer que des sujets restant dans les limites de taille fixées par le standard et bien entendu, il est recommandé aux éleveurs d’être très attentifs à ce critère dans leurs choix.
Enfin, il nous paraît très important de bien distinguer les mâles par rapport aux femelles au niveau de la taille, un mâle ne doit pas être pris pour une femelle et vice versa.

Octobre 2006