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LA SOCIALISATION

 

 

Lorsqu’on acquiert un chiot et plus particulièrement un griffon, il y a de nombreuses précautions à prendre pour faciliter son épanouissement et favoriser le développement de son caractère et de ses aptitudes.

Les éleveurs parlent de socialisation, cela tient à l’éducation.

APRES LE SEVRAGE : L’ACCLIMATATION ET LE CADRE DE VIE

La partie de la socialisation du chiot qui correspond à l’éveil de ses facultés et à son développement comportemental est un passage critique.
Cette période commence après le sevrage et va s’étaler pendant une fraction de la phase juvénile jusqu’à douze mois environ.
«Ce qui va se passer surtout dans le début de ce cycle va être déterminant et l’influence se fera de façon irréversible». (Dr Vét. Bernadette Queinnec)
Les premières confrontations avec les gens, l’apprentissage des bruits, des odeurs, les rencontres avec les congénères, les autres animaux, la découverte des objets, vont être des révélations journalières marquantes. Il importe qu’elles s’opèrent naturellement, de façon modérée et progressive.
Cela implique évidemment que le chiot ne passe pas sa vie enfermé au chenil.
Le secret du succès réside incontestablement dans la façon de garder son chiot près de soi. Le but étant de réaliser un chiot équilibré.

A LA MAISON

L’idéal serait de pouvoir l’installer complètement à la maison, de jour et de nuit (la nuit les bruits et les odeurs diffèrent)..., de lui prévoir un coin à lui, un chiot dort beaucoup pendant les premiers mois de son existence.
Au début, sortez-le souvent pour éviter qu’il ne s’oublie à l’intérieur, pour qu’il apprenne à «se vider» dehors.
Pardonnez les premiers pipis sur le tapis. On ne peut commencer l’éducation et les premières petites corrections qu’au bout de quelques jours, lorsque le chiot est complètement intégré et totalement en confiance. A ce moment-là, il accepte les premières fessées, comprend qu’il a fauté et qu’à l’avenir il faudra faire attention...
Surtout ne jamais se servir de la main pour corriger, elle doit être réservée aux caresses (et puis de plus, on se fait souvent mal...).
Utilisez une badine ou une laisse pour châtier le chiot, voire un journal plié si vous n’avez rien d’autre sous la main. Ayez beaucoup de patience !!
Pensez qu’il vient d’être séparé de sa mère et de la fratrie.
Il importe qu’il retrouve immédiatement un milieu accueillant, affectueux, il va falloir le «coucouner».
Tout son attachement sera alors reporté sur son nouveau foyer auquel il finira par s’identifier, toute son affection vous sera consacrée, il vous considérera comme ses parents.
C’est ce que les zootechniciens appellent l’imprégnation.

Sur le plan pratique, il faut réaliser que le chiot va très vite devoir se familiariser avec votre cadre de vie habituel.
La première nuit sera probablement difficile, il aura certainement peur si vous le laissez tout seul.
Pendant quelques nuits, il sera peut-être nécessaire de l’installer dans un carton dans votre chambre, pour l’habituer progressivement ensuite à dormir dans le lieu que vous lui aurez affecté, avant de le loger définitivement dans sa niche.
Le soir avant de le faire coucher, promenez-le longuement, il faut le fatiguer pour que son sommeil soit lourd et profond.
Un petit truc : sacrifiez un de vos t-shirts ou tricots de peau après l’avoir porté et mettez-le dans sa couche, à l’intérieur du carton ; le chiot s’imprégnera ainsi de votre odeur et ensuite il se sentira plus rassuré dans son carton...
Au cours des premières nuits, s’il geint, sortez-le dehors cinq minutes, il se videra et se sentira mieux pour se rendormir.
Un chiot dort beaucoup au commencement, on profitera de ses siestes pour l’installer dans sa future résidence... en y transportant son carton.
Un vieux truc d’éleveur consiste à mettre un réveil et une bouillotte chaude dans une grosse chaussette de laine puis à la caler contre le chiot. Ce serait une simulation du battement de cœur et de la chaleur maternelle permettant au bébé chiot de s’endormir rapidement...
Moins folklorique mais très efficace, installez un petit coussin moelleux dans sa niche, c’est confortable et ça tient chaud.

Lors de courtes absences, la mise en marche d’un poste de radio assurera l’illusion d’une présence et lui évitera de se sentir isolé.
Mais attention tout de même ! Lorsqu’on adopte un chiot, ce n’est pas pour le laisser seul à la maison à longueur de journées.
D’une part, il fera des bêtises et par ailleurs son éveil s’en ressentira fatalement.
Autre chose... On l’appellera fréquemment par son nom pour l’habituer à répondre.
Les bruits de la maison vont le surprendre : la sonnette de la porte d’entrée, celle du téléphone, la musique du poste de radio, la télévision, l’aspirateur, la chasse d’eau.
Dans la cuisine, la Cocotte-Minute, le four à micro-ondes, les robinets qui coulent...
Il va s’imprégner de votre scent, du parfum du conjoint et de vos enfants, des odeurs habituelles du ménage : les fumets de la cuisine, l’encaustique du parquet, la fumée de la cheminée.
Les découvertes des meubles, des appareils ménagers, l’utilisation des escaliers, les premières glissades sur les carrelages vont être des révélations parfois angoissantes.
Attention aux «mâchouillages» des pantoufles, des coins de tapis, des pieds de fauteuils et surtout des fils électriques et des prises de courant !!!
Gare aux produits d’entretien, aux engrais du jardin, aux médicaments.
Un accident est vite arrivé.
Il faut une vigilance permanente pour empêcher dès le départ ses premières tentatives qui risquent de devenir vite de sales habitudes.
Attention à tout ce qui pend : les rideaux, les napperons.
Les sacs de plastique vides sont très dangereux, le chiot peut s’étouffer.
Ce n’est pas de tout repos. Il n’est pas facile d’être toujours en éveil...

Une petite astuce consiste à le doter d’un collier muni d’un petit grelot, cela permet de contrôler à l’oreille l’ensemble de ses déplacements...
Pour l’alimentation, il est recommandé de continuer au départ le régime alimentaire administré par l’éleveur.
Une bonne chose : rajouter des légumes cuits, à l’exception de la pomme de terre.
La pâtée doit être administrée plusieurs fois dans la journée : cinq fois par jour après le sevrage, ensuite on passe à quatre puis à trois, etc.
Si la portion est servie en une seule fois, le chiot va se gaver, se faire un ventre
comme une outre !
Autre recommandation : ne bourrez pas votre chiot de calcium, d’huile de foie de morue ou autres vitamines, vous risquez de forcer la croissance ou de la bloquer.
Il ne faut jamais brûler les étapes.
Utilisez plutôt les aliments tout préparés «Spécial chiots» ou bien si vous préparez vous-même la soupe, faites-vous conseiller par votre vétérinaire pour le choix et les dosages des adjuvants vitaminiques nécessaires.

PREMIERES SORTIES

Au bout de quelques jours, on pourra commencer à sortir pour affronter les conditions extérieures.
Tout d’abord dans la cour ou dans le jardin : on se munira d’un sifflet, on jouera aux premières parties de cache-cache, avec utilisation du tut-tut (petits coups brefs) pour l’habituer au rappel.
On pourra faire le test de la plume avec une aile de caille ou de pigeon accrochée au bout d’un fil de canne à pêche qu’on agitera devant le chiot.
Cela suscitera son intérêt et pourra même entraîner un arrêt, le premier de sa vie, mais s’il n’arrête pas ce n’est pas grave, on verra plus tard...
En ville : le brouhaha de la foule, les pétarades des motocyclettes, le ronflement des moteurs de voitures et des autobus, les effluves d’essence, les premiers chocs contre les réverbères... la descente des trottoirs, les balades dans les caniveaux...
L’occasion de faire beaucoup de bêtises ! Il faudra être particulièrement vigilant... Quelques visites au marché seront des plus bénéfiques, ce sont des pôles intenses de vie : l’affluence y est importante, les bruits diffus, mais les odeurs sont fortes et variées.
Même une sortie au restaurant, pourquoi pas ? Si les toutous sont admis (mais pas de gâteries pendant votre repas, on donne vite le mauvais pli).

A la campagne, les sorties seront plus aisées : promenades dans les champs, dans les bois, courses dans les ruisseaux. Premières sensations de l’espace, des grandes étendues, des gazouillis, des émanations. On pourra se servir d’une caille d’élevage pour provoquer les premiers élans de passion.
Mais attention ! A utiliser avec modération...
Ce sera aussi le moment de se procurer un petit pistolet à amorces légères, pour l’éprouver aux premières détonations à distance et toujours à dose mesurée. Plus tard, on pourra utiliser le pistolet à bouchon dans la panoplie des jouets d’enfant qui a une déflagration plus forte. Il est judicieux d’exercer le chiot à ces petites explosions avant de lui servir la soupe ou pendant qu’il la déguste, mais jamais dans les oreilles, toujours un peu à l’écart. On attendra que le chiot soit bien habitué à ces premières pétarades avant de faire l’épreuve du coup de fusil.
Rien ne presse… Il faudra aussi organiser une visite à la ferme pour rencontrer les animaux domestiques, les volailles, les vaches, les chevaux, les moutons !
Faire voir, écouter, renifler !

L’AGE IDEAL POUR L’ADOPTION...

Considérons que nous, «petits d’hommes», mettons plusieurs mois, voire plusieurs années pour nous familiariser avec l’univers alors que notre petit chiot va devoir l’assimiler lui, en quelques semaines ; cela devra impliquer de notre part beaucoup de douceur, de patience, de modération, surtout au début. Généralement, on n’évalue pas suffisamment l’importance de ce genre de situation qui est, à coup sûr, la conjoncture la plus délicate dans la période de socialisation du chiot.
Il est difficile pour un éleveur d’éduquer plusieurs chiots à la fois ; il ne peut évidemment pas consacrer tout le temps nécessaire au genre de socialisation précitée.
A notre sens, il est donc préférable d’acquérir un chiot juste après le sevrage afin de lui offrir un épanouissement naturel quotidien dans le cadre familial.
Un chiot qui grandira en chenil ne connaîtra qu’un univers restreint : uniquement les rares personnes qui le côtoieront chaque jour. Lorsqu’il sortira, il sera déphasé, méfiant, craintif ou agressif, l’acclimatement sera alors long et difficile, parfois impossible !
Cela s’appelle le syndrome du chenil.
Forts de plusieurs expériences, nous nous sommes fait une règle : «Acheter un chiot de deux mois et demi à trois mois et demi, maximum, sinon un chien adulte».
Le caractère, la sensibilité, les capacités, bref le comportement, sont immédiatement appréciables chez l’adulte.
Après 18 mois, les qualités sont révélées, les défauts également. On peut difficilement se tromper. En raison du prix généralement élevé demandé pour un chien adulte, il est conseillé de demander un essai de huit jours au moins, pour contrôler le caractère et les aptitudes.
Dernière précaution si vous le pouvez : il vaut mieux aller chercher votre chiot et le garder près de vous pendant le transport.
Il est recommandé de ne pas le faire manger avant le départ à cause des risques de vomissements. Certains éleveurs font faire le baptême de la route à la portée, avant le 11e jour, dans le coffre de la voiture en compagnie de la lice.
Il paraîtrait que cela l’imprègne et permet ensuite le transport du chiot en voiture sans problème... C.Q.F.D.
Si vous le pouvez : évitez de vous faire expédier le chiot.
Les voyages sont souvent traumatisants... et peuvent marquer le comportement pendant très longtemps.

L’APPRENTISSAGE

Mais revenons à notre sujet...
Lorsque vous sentirez le chiot tout à fait intégré dans votre foyer, vous pourrez commencer à vous occuper de sa formation, cela pourra se faire très rapidement après deux ou trois semaines d’acclimatation.
Avant de commencer, il faut connaître quelques principes de base : l’important c’est de dominer le chiot. Dès le départ il faut être ferme, sévère, parfois savoir punir à bon escient, toujours sur le champ.
La récompense doit prévaloir sur la punition.
La main ne doit servir qu’à caresser.
Le sifflet est un instrument indispensable pour se faire entendre.
L’obéissance et la sagesse s’inculquent dès le plus jeune âge.
La répétition entraîne l’automatisme.
Les leçons doivent être courtes, et fréquentes.

LES GESTES DE BASE : LE DOWN

Le moment de la soupe est l’occasion idéale pour commencer l’apprentissage du chiot à l’obéissance ; on va lui apprendre à s’aplatir et à rester parfaitement immobile devant la gamelle avant d’avoir le droit d’y toucher.
Chaque jour, pendant quelques instants, on maintiendra le chiot à plat ventre en le caressant, la tête entre les pattes, la pâtée à portée des babines : huit, dix secondes suffisent, en dictant «Down» ; puis on le libérera en commandant «allez». En quelques séances, le chiot aura compris que le «Down» précède le repas, il finira par s’y mettre tout seul et le tour sera joué.
On enseignera alors le Down en dehors de la soupe dans la cour, dans le jardin, on assortira le «lever du bras» à l’ordre.
Le chiot finira par comprendre qu’il doit aussi se mettre au Down si vous levez le bras, c’est pratique pour commander à distance.
Plus tard, on remplacera le Down par un coup de sifflet appuyé, un son long toujours associé au bras levé.
On est en train de lui apprendre à obéir.*

ASSIS... !

Sur le même principe, on apprendra au chiot à s’asseoir au commandement «assis». Chaque fois, on le fera asseoir en lui donnant une gourmandise. La répétition de l’exercice entraînera l’automatisme à l’ordre.

LA MARCHE EN LAISSE...

On profitera des premières sorties pour lui apprendre à marcher en laisse.
La première chose à faire est de mettre un collier, d’y accrocher la laisse et de laisser gambader le chiot laisse traînante. Il s’habituera rapidement et naturellement à cette contrainte. En partant en promenade, on pourra alors tenir le chiot en laisse et l’habituer à marcher sans tirer, par quelques coups secs sur la laisse lorsqu’elle se tendra.

AU PIED…

Puis on enseignera à marcher derrière, en ordonnant «pied !» tout en présentant une petite récompense au bout des doigts, le bras pendant le long du corps. Le gourmand aura vite compris en quelques sorties ce qu’on attend de lui… On pourra alors l’exercer au Down tenu en laisse à l’ordre et au sifflet... Ces quelques notions acquises, on pourra commencer à lâcher «les amarres», de préférence dans une aire clôturée.

LE RAPPEL

A chaque sortie, le rappel sera alors à l’ordre du jour : appel par son nom, mais aussi grâce au sifflet par les «tut-tut » précédemment enseignés, qu’il faudra récompenser au retour.
Lorsque la leçon sera bien comprise, on pourra partir en campagne, attaquer les grands espaces, travailler le rappel.
Les choses se compliqueront un peu à cause des différents éléments environnants.
Les oiseaux notamment, les animaux qui vivent dans les champs.
Il faudra être attentif, ferme.
Si le chiot tarde à revenir, une astuce consiste à se cacher ; ne vous voyant plus tout à coup, il s’inquiétera puis reviendra : il faudra le caresser à son retour, ne surtout pas le punir, il conclurait que le retour après la désobéissance signifie la trempe !

LE SENS DU VENT...

On commencera à chercher le sens du vent, lors de ces premières escapades, afin de lancer toujours le chiot face au vent pour qu’il prenne conscience de ses facultés olfactives et qu’il se serve de son nez...
Une caille d’élevage servira à susciter les premiers élans passionnels, à provoquer les premiers arrêts... On acceptera bien entendu les poursuites à l’envol, on s’interdira même de les réfréner, le principe étant de fomenter la passion... (Ne pas abuser de l’utilisation de caille d’élevage, passer rapidement au perdreau et au faisan).
Un ruban de couleur de 6 à 8 mètres servira à entraver légèrement l’oiseau, permettra de freiner le vol et de le retrouver facilement, une fois reposé. Si les oiseaux sont très piétards, le ruban s’accrochera dans les herbes et bloquera la fuite.
Plus tard, on pourra raccourcir la longueur du ruban à quelques centimètres mais il faudra lester l’oiseau avec un plomb pour la pêche, afin qu’il ne vole pas trop loin. Pour éviter qu’il ne piète, on pourra carrément lui entraver les pattes. On l’a vu, le rappel est une notion de base pour un chien d’arrêt, il faut l’obtenir dès le plus jeune âge.

LE DOWN A DISTANCE...

Avec certains chiots qui auront bien assimilé le rappel, ce sera le moment de tenter l’essai du Down à distance, en utilisant bien évidemment le sifflet.
Avec de la patience, ce n’est pas si difficile ; il faut répéter les séances, ne pas insister si on sent des réticences : remettre au lendemain, recommencer et recommencer encore, et toujours récompenser.
Si échec, on oublie. On verra plus tard !
Ces séances peuvent se faire dès l’âge de dix à douze mois, quelquefois un peu plus tard, tout dépend de la précocité des chiens.

LE RAPPORT...

Souvent il arrive que le chiot s’amuse à rapporter un bout de bois, un chiffon, une balle ; il faut évidemment l’encourager à le faire en s’amusant avec lui et petit à petit lui faire remettre l’objet qu’il a appréhendé, puis changer d’objet.
Une récompense à la clé : tout en jouant, on est en train de lui inculquer les bases du rapport.

Mais il ne faut pas vouloir aller trop vite, il faut laisser les choses venir tout à fait progressivement.
On fabriquera alors un petit apportable avec une peau de lapin, un autre avec des plumes, et on continuera à jouer au rapport...
On pourra enfin essayer avec une pièce de gibier, si ça ne marche pas, il vaudra mieux laisser tomber momentanément, remettre à plus tard, carrément plus tard.

LE PLUS IMPORTANT

Dans le programme d’éducation du chiot que nous venons de suggérer, le plus important reste à dire et à faire... Ce paragraphe est un complément indispensable pour conclure efficacement la préparation que nous avons entreprise au départ.
Nous avons généralement la manie de vouloir aller trop vite...

On voudrait un chien qui chasse à douze mois, qui soit au bouton à quinze et qu’il soit prêt pour les Field-trials à dix-huit mois !
Il y a bien quelques exceptions avec des sujets très précoces, mais aussi combien de gâchis en voulant aller trop vite.
La maturité est nécessaire pour tirer la quintessence : un cadet ou un junior ne peuvent égaler les performances d’un senior...
Le début de cet exposé a tenté de faire comprendre qu’il s’agissait de former le chiot, de le préparer à devenir «un grand».
On a commencé par le socialiser pour en faire un sujet équilibré.
Puis progressivement, de façon modérée et répétée, on lui a enseigné la sagesse, l’obéissance et les quelques gestes de base, qui vont lui servir pour poursuivre ses «études».
On a fait de la formation…
Une grosse erreur eut été d’être trop impatient, trop exigeant, au cours de ces préparations.
Il faut se convaincre qu’on doit faire de l’assouplissement et non pas du dressage pendant ces périodes.
Le dressage est la phase ultime mais il faut savoir qu’il ne faut l’entreprendre qu’après une saison complète de chasse.
A la chasse, les sorties devront être fréquentes, il faudra être très tolérant, laisser beaucoup de liberté, le but étant de passionner au maximum.
Les poursuites à l’envol ou au cul des capucins devront être acceptées, la quête pourra être brouillonne, le rapport sera tenu pour superflu.
Par contre, on mettra en application les gestes de base précédemment enseignés.
Sans être «au bouton», le chien aura la connaissance des ordres de conduite, des rudiments de sagesse et d’obéissance, de la notion du rappel qui, rappelons-le, est essentielle.
Attention ! Il ne s’agit pas de retenir le chien sous le fusil, au contraire il faut lui laisser prendre du large, mais toujours sans excès.
Le sifflet servira à régler les retours, avec modération, sans se prendre pour un chef de gare...
Le pire consiste à trop brider les jeunes chiens. Par crainte de les voir trop s’éloigner, certains chasseurs les retiennent trop, ils finissent par les casser !
Et ils chassent avec des «trottinettes», on dit que leur chien leur cire les bottes...
Les qualités naturelles latentes chez le jeune chien sont souvent gâchées pendant la période de formation, par excès de précipitation.
Les choses doivent se faire naturellement au départ.
En un mot : on poursuit l’apprentissage, on pardonne les fautes de dressage, on exacerbe les qualités naturelles.
Un chiot doit arrêter, s’il poursuit à l’envol, ce n’est pas important au début...
Par contre, il ne doit pas forcer son arrêt, on dit vulgairement «bourrer», cela c’est un vice grave.
Le chien étant devenu passionné par la chasse, on pourra considérer que la socialisation est achevée ; ce sera le moment de penser à un dressage poussé. Un chien, adulte, acceptera plus facilement les punitions. De toutes façons, la passion devenue intrinsèque, fera accepter sans crainte les contraintes qui vont être alors exigées.
Une excellente chose pour ceux qui en ont la possibilité est d’utiliser un moniteur : un chien plus âgé qui chasse bien et qui va entraîner le jeune à sa suite.
Bien évidemment il ne faut pas se servir d’un mauvais entraîneur, qui chasse mal, trottine ou bourre le gibier...
Il s’agit de donner le bon exemple.

J.C. 1989/ Mars 2009