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LA RETREMPE......

Point capital, si nous élevons du Korthals, nous ne créons pas de race, contrairement à Edouard Korthals. Nous sommes dépositaires du travail de Korthals et chacun d’entre nous doit chercher améliorer la race qui a été créée en respectant ses principes d’élevage. Ceux qui retrempent le griffon, ne les respectent pas, ils ont d’autres objectifs (mercantiles ou la forfanterie) et doivent créer leur race, car ce n’est plus du Korthals d’Edouard. Dans la nature il est facile de détruire, construire c’est lent et fragile. La génétique du Korthals c’est comme le chêne. Abattre un chêne c’est rapide, le faire repousser c’est très lent.

dr. Gildas Le Roux. Mars 2009.

 

 

 


 

 

LA RETREMPE.......

Lorsqu'en 1925 le griffon d'arrêt commença à montrer quelques signes de faiblesses, des cynologues "qui faisaient de l'élevage surtout avec une plume et de l'encre" selon l'expression de Monsieur DUTILLEUX, préconisèrent la régénération du griffon d'arrêt avec du sang de races anglaises.
Monsieur de KERMADEC mit le feu aux poudres en prônant la retrempe avec le pointer.

Le Colonel DOMMANGET qui fut membre du comité du Club français avant la guerre et qui écrivait sous le pseudonyme de FRANCOURT ou de Frédéric, sema également le trouble en se disant partisan de la retrempe.

"Les griffons peuvent-ils se passer de retrempe ? Il suffit de regarder les petits épagneuls bretons galopeurs, dont la souche primitive apparaît dans le mélange heureux des sangs anglais et français. Nous pouvons nous demander si les chiens d'arrêt allemands à poil dur sont à rejeter complètement comme éléments de retrempe. Dans ces chiens, je sens du barbet, du braque et très souvent du pointer» Nous y voilà..... DOMMANGET était un inconditionnel et ne voyait le salut que dans le pointer.

À noter tout de même, au passage, qu'il fut malencontreusement impliqué dans la sombre affaire du simili griffon "HOMERE" exporté aux Etats Unis, dont une partie des ascendants lui appartenant étaient de souche pointer.! Les résultats de la descendance furent abominables, ce qui, à l'époque, porta incontestablement un coup dur aux griffons français en Amérique
En outre, dans ses écrits, DOMMANGET argumentait en mettant en doute les origines des sept patriarches de KORTHALS, qui, insinuait-il, pouvaient être issus des pointers du Prince de SOLMS, habillés en griffons... ! Il ajoutait que le baron de GINGIINS pensait à des origines de setters.
O'BREEN réfuta catégoriquement ces arguties à partir des témoignages verbaux et écrits des deux grands éleveurs mis en cause et dont l'honnêteté ne pouvait être discutée.

Au départ, KORTHALS avait fait une tentative de croisement qui fut plus que décevante : En 1879 il fit saillir ELDA par le pointer MURRAY. ELDA (Banco x Trouvée) ne fut pas inscrite au G.S.B. Il s'agissait d'une lice à poil long et mou (hérité de son grand-père JANUS). Une note de l’éleveur relate l'expérience en ces termes : "J'ai moi-même bien eu l'intention de croiser avec du sang anglais, c'est à dire que j'aurais pris un pointer irlandais brun (pour ne pas avoir trop de blanc par un pointer anglais), mais après avoir dressé mes chiens suivant la méthode des field-trials, je suis arrivé à la parfaite conviction que ce croisement n'était pas nécessaire"

Toujours d'après O'BREEN, KORTHALS fait état du croisement d'ELDA avec MURRAY donnant pour résultat "des modèles de setters ou pointers russes, décrits et illustrés dans des livres anglais par HUTCHINSON, STONEHENGE".
De GINGINS fit de même une expérience en faisant saillir sa chienne MIRALDA (G.S.B.782) par le pointer RANGER of MAIRELBEKE. Les résultats étant décevants au niveau du type (charpente, poil...) et de l'amélioration de la finesse olfactive, les produits furent supprimés, à l'exception d'une chienne qui fut remise en mains sûres.

Les allégations de KERMADEC et de DOMMANGET firent grand bruit et les griffonniers orthodoxes de l'époque se déchaînèrent. Les tentatives de métissages avec du pointer de GUERLAIN, CHERVILLE, et autres HAGELWALD et Cie. n'avaient-ils donc pas été suffisamment exemplaires... pour vouloir s'y remettre, les résultats des hybridations des Stichelhaars et de braques pointérisés suffisamment éloquents ?
Non ! Les griffons avaient nullement besoin d'une régénération avec du sang anglais.
"A quoi bon ? A quoi bon s'embarquer dans cette galère du croisement, si on n'est pas plus avancé qu'avant ? ( O'BPEEN). Ce qu'il faut c'est pratiquer une retrempe "en dedans" c'est à dire avec d'autres griffons, éloignés des courants de sang habituels. Il y a suffisamment de griffons de souche partout en Belgique, en France, en Europe, pour pouvoir trouver des familles intéressantes et de nouveaux géniteurs de valeur afin de remonter de nouvelles lignées. Pourquoi tout simplement, ne pas reprendre les méthodes de KORTHALS et de GINGINS, qui en sept générations ont tant fait progresser l'élevage du Griffon : Sélection sur consanguinité et travail sur le terrain, à partir de griffons de pays bien choisis. "Par où les pères ont passé, les fils peuvent passer" (O'BREEN).

Le seul avantage concret qui pourrait être éventuellement tiré du croisement avec des races britanniques, pourrait venir du gain de temps..... Effectivement, il pourrait être plus rapide d'augmenter des qualités de nez ou de pattes à partir de sujets qui ont pour spécificité de race la puissance olfactive et la vitesse plutôt que de les rechercher par la sélection.

Le seul problème tient au fait que c'est tout à fait aléatoire et que pour gagner du temps on va fatalement finir par en perdre. En effet, les croisements engendrent la plupart du temps des résultats éphémères ; la méthode est par trop simpliste. Sans compter les dégâts qu'ils engendrent
Un bon éleveur sait qu'on ne peut transgresser impunément les lois de la génétique et de l'hérédité. Pourquoi compromettre une œuvre de fixation effectuée sur de nombreuses générations, pour n'en retirer qu'un bienfait incertain et de toutes façons provisoire ?

C'est en cela que les légataires de KORTHALS ont eu raison de défendre contre vents et marées, l'authenticité du patrimoine, il faut ne jamais l'oublier.


Extraits de l'ouvrage Le Griffon d'arrêt de Korthals J.C. 1998.