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LE METISSAGE CHEZ LE GRIFFON KORTHALS..

 

L'expression du gène quatre-oeillés qui est celle la plus évidente, la plus repérable et la plus répandue dans les métissages chez le GRIFFON KORTHALS, n'est pas la seule.

Certains métis ne sont pas obligatoirement porteurs du gène quatre’oeillés... Et il y a beaucoup d'autres points qui permettent de repérer des modèles hybrides.

C'est en cela que les juges, en exposition ou à la confirmation, doivent examiner minutieusement les modèles qui leur sont présentés.

Sur l'aspect général le Griffon KORTHALS doit montrer les caractéristiques d'un chien vigoureux, solide, on dit souvent rustique, ce qui exclut les « claquettes » et les sujets épais comme des lames de couteau...Cet élément est sans équivoque en ce qui concerne le métissage; nous admirons beaucoup les Setters Anglais ou les Irlandais, mais les modèles modernes, ont justement des aspects légers et fins, on parle souvent «d'élancés» qui ne correspondent pas à notre barbu. Or ces morphologies là, on les retrouve beaucoup aujourd'hui dans notre race, on parle de modèles «allégés»

La taille est importante un chien beaucoup trop grand ou beaucoup trop petit peut être le résultat d'un métissage... Le Club a prévu des tolérances mais au de là la suspicion doit être de règle. Le croisement avec des Pointers ou des Braques engendrera des tailles surélevées, avec les épagneuls bretons des tailles surbaissées...

Sur le plan de la morphologie, le KORTHALS est un médioligne, le corps doit s'inscrire dans un rectangle, plus long que haut, il est dit d'environ 1/10ème. Les Pointers ou les épagneuls Bretons sont de type COB, en réalité on devrait dire que leur corps s'inscrit dans un carré.....

Le ventre doit être musclé, chez le griffon, cela signifie que la ceinture abdominale doit être développée, bien étoffée : pas maigre, pas de taille de guêpe, laissons cela aux Setters...

Le rein doit être développé, cette caractéristique n'est pas facile à juger. Ce qu'il faut, c'est un rein solide, cela fait partie de l'aspect rustique de notre chien.

Les pieds doivent être ronds, c'est un élément important dans le contrôle des métisses, beaucoup de griffons ont des pieds de «lièvre», c'est impropre à notre race et c'est un stigmate d'une intrusion étrangère....

La tête du griffon est très caractéristique, « La tête du griffon est plus arrondie que celle du Braque ou de l'épagneul» a écrit JOURDAIN, l'un de nos prédécesseurs. Il faut veiller à ce que les lignes de crâne et de chanfrein soient parallèles et que le crâne soit légèrement bombé et pas trop large, ce qui entraînerait une tête massive. Les lignes si elles sont divergentes ou convergentes sont un signe de mésalliance

Le nez doit être busqué, c'est un point essentiel pour notre griffon, un chanfrein droit est incontestablement la révélation d'un métissage.

Les garnitures, sourcils, barbe et moustaches sont caractéristiques de la race, un manque de garnitures ou des garnitures insuffisantes sont aussi des signes d'hybridation.

Les yeux doivent absolument être ronds et le plus coloré possible dans la teinte du jaune foncé et du brun, des yeux ovales proviennent d'infusions étrangères.

Les oreilles ne doivent pas être placées trop bas et doivent être arrondies à leur extrémité, des extrémités en triangle sont propres au pointer.

Viennent ensuite la robe avec son poil et sa couleur.

Le griffon doit avoir un poil dur, pour cela il ne doit pas être trop long, 3 à 4 cm est l'idéal, mais l'idéal n'est pas toujours facile à atteindre... Un poil ras vient du braque ou du Pointer, un poil long et soyeux vient du Setter.

L'épagneul Breton a été aussi utilisé, il apporte souvent, en ce qui concerne un poil plutôt long et soyeux comme le setter, avec souvent des ondulations dans la robe...

De plus le griffon doit être pourvu de sous-poil, généralement un poil ras s'accompagne d'un manque de sous-poil, là ce doit être le couperet, l'élimination immédiate, le métissage est à tous les coups passé par là.

Mais, ce qu'on a peu aujourd'hui, le plus souvent constater, ce sont plutôt les poils longs et souples. Cela provient évidemment de l'infusion de sang setter. Les poils ras sont plus rares.

Pour la couleur, BARON disait que la robe ou le pelage était «le décor de la forme»... La vêture gris-acier et marron est l'idéal des griffonniers. On le sait, les tricolores sont proscrits, mais dans le standard, outre gris-acier et marron, est écrit : uniformément marron, rubican ou rouan, également blanc et marron et blanc et orange.

Les administrateurs du Club français, qui faut-il le rappeler, sont détenteurs du standard, devraient se préoccuper de ce chapitre du standard...

Uniformément marron est douteux... On en voit assez peu, et il faut regarder si on trouve quelques poils blancs disséminés dans la robe. Il faut être très attentif à ce modèle de couleur et vérifier qu'il ne présente aucun autre défaut dans son type.

En outre, rubican et rouan ont des définitions mal définies : si on s'en reporte aux dictionnaires TRIQUET ou LAROUSSE, ces deux termes incluent du poil noir, ce qui ouvre la porte à toutes les hybridations possibles dans notre race, dont le marron est la base, ce qui est donc impossible.

En vocable canin, selon la nomenclature «DENIS-COSTIOU» les poils noirs n'existeraient pas dans le rouanné... de quoi y perdre son latin !!! On sait en effet, que chez le KORTHALS, le noir ne peut pas exister... l'accouplement de deux marrons ne peut pas générer de noir, c'est physiquement impossible.

Blanc et marron est admissible dans le sens où les poils blancs et marrons sont panachés, ce qui provoque d'ailleurs l'effet d'optique gris-acier, tel que l'a démontré le Dr. Pierre LAUTIER.

Le blanc et orange est pratiquement inexistant, je n'en ai jamais vu en cinquante ans de pratique. L'orange est propre aux races britanniques, Pointers et Setters... !!! Bien que les SPINONES cousins germains en aient été porteurs, mais on n'a jamais su exactement leurs origines... Jean CASTAING écrivait déjà en 1963:

«…En outre, le blanc n’est pas à rechercher parce qu’il s’accompagne souvent de traces d’orange… Or, bien que le standard admette encore le blanc et orange, il avait été question à un moment de supprimer cette robe afin d’éliminer l’influence possible des griffons Guerlain, qui avaient une forte dose de pointer, et dont le blanc-orange était une des caractéristiques. Cette couleur étant aussi la plus courante chez le Spinone, et ce dernier, comme nous l’avons vu, présentant certains caractères indésirables chez le griffon à poil dur, il est préférable de l’éviter.

Enfin, la robe marron unicolore est également peu désirable,… Quant à la teinte feu, en taches ou même en traces, elle est aussi à prohiber, car elle aussi indique une mésalliance plus ou moins éloignée, vraisemblablement avec setter noir et feu ou setter irlandais. »

En 2009, la génétique moléculaire nous prouve que l’allèle « e » au locus « E » n’est pas dans la race Korthals ainsi que l’allèle « at » (quatr’oeillés-Tan-point) dont l’expression est possible chez les chiens porteurs de l’allèle « ky » au locus « K »… Et les administrateurs actuels du Club doutent toujours !

Pour toutes ces raisons le standard du Griffon KORTHALS devrait être corrigé, à la demande du Club français qui en est le détenteur, et supprimer les termes RUBICAN et ROUAN et BLANC et ORANGE...

Par ailleurs, on sait qu'il arrive, de temps à autre, de voir dans des portées des griffons entièrement blancs.

Là, il s'agit incontestablement d'un signe de mésalliance, qui peut provenir du Pointer comme du Setter

Le blanc «sale» émanation du gène fauve, s'exprime par des couleurs tirant sur le beige. « Ce peut être exceptionnellement, l’expression de gènes en dilution» explique le Dr. Pierre LAUTIER.

Lorsque c'est accidentel, ce peut être considéré comme tel, mais si c'est répétitif il s'agit d'une manifestation de résurgence du métissage, c'est certain...et de toute façon, cette robe n’est pas au standard.

Les robes beiges que nous voyons fréquemment de nos jours, sont incontestablement l'expression d'effets d'hybridation. De plus ces robes sont souvent ondulées ou bien les poils sont frisés, ce qui faisait justement dire au Dr. P. LAUTIER que ce poil ressemblait à du poil de chèvre.

Les progrès fulgurants en génétique, ces dernières années, vont nous permettre de déterminer avec précision les origines des couleurs dans chaque race.

Il est prévisible que nous possèderons un jour la carte génétique exacte de notre race, avec la description exacte de tous les gênes authentiques, à ce moment là, il ne pourra plus y avoir de discussions possibles, ni de tricheries.

Reste à examiner le plan des aptitudes.

Un Griffon KORTHALS est un continental et doit courir comme tel.

Les étendues des quêtes ne doivent pas être mises en cause, car il s'agit d'une notion de dressage.

La vitesse par contre doit être surveillée de près, un continental ne doit pas courir aussi vite qu'un britannique. Et c'est là où le bât blesse, parce que c'est surtout pour acquérir de la vitesse afin de gagner en concours, que les trafiquants font de la retrempe avec du sang britannique.

Jean CASTAING, l'avait prédit, pour gagner en compétition on en arrivera à trafiquer les races...Cela s'est toujours pratiqué, mais jamais à l'échelle actuelle où depuis quatre ou cinq ans, on infuse « à tour de bras » dans certains élevages pour faire du fric.

Le style inhérent à la race doit aussi être sévèrement surveillé : des allures de Pointer avec des galops «arrachés» ou celles des Setters très fluides et très glissantes, ne sont pas dans le style de race. Notre galop doit être semi basculé , avec un port de tête en marteau, ce qui signifie que jamais la truffe du griffon, au moment du galop, ne doit dépasser l'horizontale, contrairement au Pointer ou au Setter, si c'est le cas, c'est anormal et l'infusion est certaine.. Les arrêts debout sont acceptés mais ne sont pas typiques de la race, d'où ??? Enfin, les attitudes rasantes ne doivent se faire que lors des coulés.

Il est certain que ce n'est pas facile de juger. Beaucoup de juges de travail ne connaissent pas tous les standards de travail des chiens d'arrêt et se laissent souvent impressionner, uniquement par la vitesse.

Il est anormal dans les concours de couples continentaux, qu'un sujet de race pure, soit battu par un métis. Ce dernier court fatalement plus vite et explore donc plus rapidement le terrain et de ce fait a plus de chances de rencontrer les perdrix que son concurrent «pure laine»...

Les dés sont pipés... Nous n'avons pas besoin de géniteurs bidons qui ont été mis en valeur parce qu'ils sont le fruit de retrempes intempestives.
Les griffonniers de base l'ont compris depuis longtemps, ce qui explique qu'ils soient souvent sceptiques sur la validité des Fields-trials et c'est dommage.
Ce qui importe à ce moment là, c'est de choisir des géniteurs chasseurs, qui ont fait leurs preuves dans les concours de bécasses, puis se sont ensuite classés dans les concours en couples au Printemps... A ceux là, je donne tout de suite l'absolution...

…et maintenant que faire ? Nous nous trouvons dans une situation, dans laquelle la pollution envahissante doit être endiguée. «Reconstruire sans détruire»... Avec de la patience et du temps, c'est tout à fait jouable.

3AGK a publié plusieurs articles sur ce site créé par «Le CERCLE» qui donnent toutes les explications utiles à un éleveur pour se sortir proprement de cette espèce de marée noire.

Pas question donc de mener à l'échafaud tous les sujets douteux... De toute façon il y en a trop et la race serait condamnée.

Et puis aussi un défaut qui peut ressembler à un signe d'hybridation, ne signifie absolument pas que le sujet porteur soit métissé... Donc prudence : une politique sage et réfléchie devrait nous permettre de purger progressivement les élevages contaminés, tout au moins leur descendance… Avec de la patience et du temps, c'est tout à fait jouable.

Jacques CARPENTIER Mai 2010