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LA RETREMPE, ce qu’il faut en savoir…ce qu’on peut en penser… !

 

Le dictionnaire TRIQUET la définit ainsi : "équivalant à l’anglais INTERBREEDING "
C’est, soit un brassage entre parents très éloignés, croisements entre différents courants de sang, soit un croisement entre races pour obtenir des métis (Cf. hybrid)
Cette dernière technique est généralement utilisée pour régénérer une lignée, une famille ou une race affaiblie ou en voie de disparition.
La consanguinité excessive peut être une raison de cet appauvrissement, mais ce peut être aussi, dans une race, la conséquence d’une désaffection due à une mode. C’est ainsi qu’on a pu constater une raréfaction dans des races comme le Braque du Bourbonnais, le Braque de l’Ariège ou le Barbet. Certaines même, n’ont pas survécu comme, anciennement, le Braque DUPUY, le Griffon BOULET, le Griffon de CHERVILLE ou le Griffon GUERLAIN. Il s’agissait de races à tout petit effectif, peu répandues, qui n’avaient pas beaucoup de chance de se maintenir.
Par contre, le Braque français qui connut un moment une éclipse, s’est brillamment relevé grâce à la retrempe.
Le Braque du Bourbonnais et le Braque de l’Ariège se sont à leur tour redressés, grâce à la retrempe.

Les croisements entre races vont donc apporter des courants de sang entièrement nouveaux qui vont revigorer le "sang bleu " des fins de races.
Les hybrides ainsi obtenus vont retrouver une vitalité qui faisait défaut dans la race et cette régénération va permettre de relancer l’élevage …Mais le plus difficile restera à accomplir : redonner son identité initiale à la race. C’est ce qu’on appelle le phénomène de réversion.
Les métis vont fatalement être plus ou moins différents du type de base. Il va falloir entreprendre un long travail de sélection pour retrouver les qualités originelles, physiques et psychiques. C’est pour cela qu’il faut éviter de faire inconsidérément de la retrempe. La réversion va être épreuve de longue haleine ne peut être réussie que par des éleveurs avertis, compétents et experts dans leur race.

Il existe par ailleurs une autre utilisation perverse de la retrempe qui consiste à aller chercher des gênes spécifiques d’une race, (par exemple pour la vitesse), afin d’améliorer les performances d’une autre race.
Il s'agit d'une technique qui permet d’accélérer très rapidement les performances, en évitant de passer par le long travail de sélection nécessaire à l'intérieur d’une propre race pour y parvenir.
Le souci principal est celui de gagner dans les compétitions avec souvent des arrières-pensées mercantiles.
Bien entendu ces pratiques sont frauduleuses et outre le fait qu’elles peuvent être aléatoires, elles sont dangereuses pour l’identité des races et doivent être énergiquement dénoncées et combattues.
Les zootechniciens mettent en garde contre ces méthodes des croisements : " La pureté d’une race est irrémédiablement perturbée par le croisement. Jamais au grand jamais, dans l’ordre rationnel, elle ne peut être rétablie ". Cette citation de BARON fait référence en la matière.

LES MÉTHODES UTILISÉES

La couleur du poil est le caractère visible qui sera l’un des plus révélateur lors de l’utilisation de la retrempe.
Prenons un exemple : La plupart des races de chien d’arrêt, qu’elles soient anglaises ou continentales, acceptent la couleur noire dans leur robe. Le standard du griffon KORTHALS, par contre, le proscrit et n’accepte que le marron.
La raison vient obligatoirement du fait, que KORTHALS a voulu strictement éliminer les apports de sang britannique dans son modèle.
Il faut savoir que génétiquement il est impossible a deux géniteurs marrons d’engendrer des descendants noirs.
Pourtant, il arrive de voir parfois dans des portées, des chiots noirs. Il s’agit d’une preuve indubitable de mésalliance : l’un des deux géniteurs était porteur de noir…ou la génitrice a subi les hommages de deux étalons dont l’un possédait deux allèles pour le noir.
En effet : suivant ou non, que le géniteur possède deux allèles pour le noir, on obtiendra en première génération que des chiots noirs ou bien un mélange de chiots noirs et de chiots marron. Dans cette union, tous les chiots noirs obtenus, issus d’un géniteur marron et d’un géniteur noir, seront hétérozygotes; utilisés en seconde génération avec des partenaires marron, ils donneront une certaine proportion de marrons dans leur descendance. Tous ces marrons utilisés à leur tour avec des marrons ne produiront jamais plus de noir.
Voilà comment on peut frauder et « laver » le noir en partant d’un géniteur porteur de noir…
Il existe une méthode plus simple qui consiste à utiliser un géniteur marron, comme par exemple un braque allemand ou un pointer marron. Là, comme on l’a expliqué, on ne court aucun risque sur les résurgences de noir.
Serait-ce donc si facile de pratiquer des croisements ?
Heureusement non ! nous allons voir que les fraudeurs ont beaucoup de souci à se faire dans l’avenir, que fatalement un jour ils se font repérer et que grâce aux progrès des techniques de la génétique moderne, ils finiront par être découverts.

LES CONSEQUENCES DE LA RETREMPE.

Les hybridations vont inexorablement entraîner des modifications esthétiques et morales de façon successive au fil des générations. Il ne faut pas s’imaginer que l’on va juste introduire les qualités principalement recherchées, par exemple le nez ou la vitesse… Les transformations physiques, visibles par conséquences, seront vite repérées par le juge ou l’amateur averti. Il en sera, parfois, de même pour les métamorphoses morales, quoique plus subtiles à cerner.
Un élevage ayant magouillé se fera inéluctablement repérer, les stigmates du métissage resteront ineffaçables et finiront toujours par ressortir de façon alternée mais continue au fil des portées.
Ces élevages seront ainsi marqués par des signes indélébiles.
Ainsi dans le passé, certains vieux élevages se sont à jamais établis des réputations indéfectibles.

On a précédemment parlé de la couleur : le blanc fait partie de la palette des couleurs, il faut savoir que dans certaines races, il est tout de même très suspect lorsqu’il apparaît en plaques uniformes, mais aussi lorsqu’il ressort de façon répétitive dans les portées…
Les robes truitées peuvent être également fort suspectes dans certaines races….
La texture des robes généralement spécifiques à chaque race sera également l’un des premiers indicateurs de mésalliance. Le poil dur résiste mal à l’hybridation avec des poils courts ou longs,
(Dr Pierre LAUTIER membre fondateur de la Sté française de Cynotechnie.)
Sur le plan de la morphologie : les sujets trop grands ou trop petits….. les cobs ou à l’inverse les médiolignes, (inscrits dans un rectangle), autant de caractères différents amenés par d’autres races.

Les différences de parallélismes dans les lignes de crânes, selon les standards des races : un stop trop prononcé ou pas assez…. , un museau pointu, un nez droit, busqué ou relevé… des yeux trop ronds ou trop ovales, un crâne trop large, des oreilles triangulaires, rondes ou trop longues, mal attachées…. Autant de stigmates qui mettront en évidence les effets des métissages.

Un autre signe irréfutable de mésalliance est le gêne "quatre-oeillé" propre à certaines races comme le Setter GORDON et à la plupart des variétés de chiens tricolores : épagneuls bretons, setters anglais, etc.… Ce sont des signes apparents illustrés par des tâches jaunes aux coins internes des oreilles, autour de l’anus, dans les sourcils, aux bas des pattes : « les fameuses chaussettes jaunes »

Des modifications notoires ressortent également au niveau des caractères moraux comme à celui des aptitudes,
Le style enfin peut être notoirement modifié.
Les continentaux doivent chasser en continentaux, ce sont des galopeurs, mais avec des styles bien définis, généralement bien établis par les clubs de races et édités dans le fameux petit livre bleu des standards de Travail de la S.C.C….

Les galops du POINTER ou du SETTER sont tellement caractéristiques qu’ils sont tout de suite repérés lorsqu’ils ressortent dans les hybrides, c’est pour cela qu’il est primordial de tenir compte du style inhérent à chaque race dans les compétitions.

LES CONTRÔLES GÉNÉTIQUES.

Jusqu’à présent, la retrempe était dénoncée, mais elle n’était pas facile à prouver.
Or, il s’agit bien d’un acte d’escroquerie lorsqu’elle est frauduleuse.
Des découvertes récentes ont permis la mise au point de nouvelles techniques dites d’empreintes génétiques qui permettent d’identifier chaque chien et de le distinguer sans ambiguïté des autres individus de la race. A l'aide de tests génétiques appliqués à un chiot et à ses parents, on peut procéder à des contrôles de filiation d’une fiabilité totale et qui permettent de détecter les fausses filiations. Pour couper court aux insinuations et aux diffamations, pour défendre son idéal et sa réputation, plusieurs Clubs français ont décidé d’utiliser le système des contrôles de filiation par l'analyse génétique de leurs trialers. Bientôt sera constitué une véritable banque génétique des meilleurs sujets, dans chaque race et les contrôles en seront facilités.
Les tricheurs seront poursuivis
Il est certain que ces moyens seront désormais utilisés par les associations soucieuses de conserver l’authenticité de leur race et qui sait peut être un jour, avec les progrès fulgurants de la science, les cartes du fichier génétique permettront -elles d’aboutir à d’autres résultats … ?
On n’est pas loin des possibilités d’obtenir des résultats tangibles sur des contrôles d’A.D.N. entre collatéraux ou sur des chiots avec leurs aïeux, voire leurs bisaïeux..
On prouvera les faussetés d’identités, les différences d’origines entre certains neveux, oncles ou autres cousins…
Ce qu’il faut savoir, c’est que le moment venu, on pourra remonter sur plusieurs générations et que l’honnêteté pourra enfin être respectée.
C’est un problème purement financier.

En attendant, il n’en demeure pas moins que les experts et les juges se doivent de pénaliser les sujets douteux et hétérodoxes que ce soit dans les expositions de beauté ou les examens de confirmation qui doivent être des expertises sévères, eu égard au type et pour la sauvegarde des patrimoines génétiques auxquels nous devons viscéralement restés attachés.
…et surtout, bien entendu, dans les concours de travail, notamment au moment des barrages ou le style de race doit absolument. primer.

« Les juges de Field-trials ont à juger sur le terrain différentes races qui se caractérisent par un style, donc une allure, une quête, une manière de chasser et d’arrêter propre à chacune d’elle.
Cette différence fait leur richesse. Il faut la préserver » ( Société Centrale Canine.)

Jacques CARPENTIER.