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LA PHILOSOPHIE DES FIELD-TRIALS


Les amateurs de la race ont toujours été partagés et se sont de tout temps posés les mêmes interrogations. Il est curieux de constater l'éternel recommencement de l'histoire. Signes probants d'une vive passion : le bulletin a toujours été animé par les doctrines des uns, les diatribes des autres. A une époque, on parlait de griffons de printemps. Les conducteurs de trottinettes s'en prenaient aux partisans de Formule 1 Certains n'en dormaient plus la nuit ! D'autres souhaitaient limiter les concours pour les griffons aux Spéciales de Race : "Quel intérêt à battre les braques et les épagneuls sur le terrain" disaient-ils, "Un griffon doit rester un griffon".

Dans ce genre de débats, on constate chaque fois la méconnaissance du sujet et l'ignorance des protagonistes sur la philosophie du système et leur propension à se tromper de but et de sujet.
"Les épreuves de printemps ne sont pas faites pour démontrer ce que doit être le prototype de l'allure du griffon d'arrêt. Ce que l'on cherche, ce sont des modèles d'exception capables de s'illustrer dans ces épreuves particulières pour pouvoir ensuite utiliser leur potentiel génétique. Il s'agit d'un problème d'élevage, non pas de style, ce n'est pas le même but"
Il est facile de comprendre que les "grands canards" de printemps sont des sujets nettement au-dessus de la moyenne, qu’ils sont "en soi" exceptionnels parce que, pour arriver à se classer à ces niveaux, il faut une somme de qualités rarement concentrées dans un même spécimen. Les grands trialers de printemps sont des surdoués et ils nous intéressent pour la reproduction à cause de cela. Judicieusement accouplés, ces modèles retransmettront une partie de leurs aptitudes, on sait très bien qu'ils ne peuvent malheureusement pas les rétrocéder toutes.

Un champion de printemps est l'illustration d'un modèle parfaitement équilibré, doté d'un gros influx nerveux, d'un nez très "pointu", d'une grande entreprise et d'une obéissance parfaite, ce qui implique une excellente aptitude au dressage. La vitesse est aussi de mise, bien sûr, mais elle varie selon les sujets. Un galop de griffon, dans les épreuves de printemps, n'est pas aussi véloce qu'un galop de pointer, mais il doit être rapide et soutenu.

Il ne faut pas croire que ce soient des aspirations modernes ou des idées avant-gardistes ! Voilà ce qu'écrivait le correspondant L. Van der SNICKT dans sa chronique relative au field-trial de la Sté. Royale St Hubert en 1895, extraits du N° 28 de "CHASSE et PÊCHE". Juge M. le baron COPPENS. (GSB IV) : “La vieille KENAU, présentée par M. KORTHALS, montre toujours la même splendide allure, elle découpe bien son terrain en zigzags. Arrivée dans un fond, elle prend un bon arrêt. Au coin d'un champ, arrivée à l'horizon, elle arrête ferme. M.KORTHALS fait un grand détour et entre lui et la chienne déboule un lièvre ; la chienne n'a pas bougé. M.KORTHALS croit cependant que l'arrêt était sur perdrix ; quoi qu'il en soit, il était superbe. Plus loin, KENAU arrête de nouveau et cette fois les perdrix ont tenu et se lèvent devant elle".
"CACHOU appartenant à M. le baron De GINGINS est conduit par le dresseur KORF. Nous venions de dire que l'épreuve de griffons est exactement semblable à une épreuve de pointers, sauf que les griffons vont moins vite, lorsque CACHOU est venu prouver que certains griffons ont exactement la même vitesse et le même brillant. Il marque un arrêt bien loin à l'horizon puis passe à vingt pas d'un couple de perdrix à mauvais vent, fait un très bel arrêt à demi vent puis encore un ou deux autres sur perdrix. Allure large et très brillante.” .
Monsieur le baron COPPENS parle d'arrêts à l'horizon, signalant bien ainsi l'amplitude des quêtes des griffons qu'il examine. Au sujet de CACHOU, il cite certains griffons qui ont la même vitesse et le même brillant que les pointers. On voit bien que les maîtres de l'époque recherchaient aussi les grandes pointures, ce n'était pas pour chasser mais pour fabriquer des chiens de chasse.
Cela, beaucoup de gens ont du mal à le comprendre. L'erreur à ce sujet est peut-être de parler trop souvent, à tort, de la vitesse. Bien évidemment, il faut de la vitesse, mais on ne recherche pas des courses de pointer : la vitesse du griffon doit être moindre, bien que chez certains sujets tout à fait exceptionnels, elle puisse l'égaler.
Citons aussi O'BREEN qui écrivait : "La vitesse est le plus sûr critérium de la qualité du chien", mais il rajoutait immédiatement :"Des pattes et pas de nez, ce n'est d'aucune utilité".

Les Champions et les trialers sont des concentrés d'aptitudes génétiques qui doivent être recherchées par les éleveurs pour améliorer leur fond d'élevage.
André PHILIPON écrivait :"Notre brave chien est souvent si bien doué sur le rapport de l'intelligence qu'avec un peu de pratique, il sait en très peu de temps utiliser ses moyens au mieux des plaisirs de son maître" et de rajouter au sujet de l'allure : "On peut toujours restreindre une nature généreuse, mais on ne peut jamais donner des jambes à une chiffe".

Les chiens de chasse, les chiens de fields... ce sont les mêmes, contrairement à ce que racontent certains professeurs en chambre qui n'ont jamais rien fait voir sur le terrain. A la différence que les seconds ont fait la preuve d'un potentiel génétique supérieur. Certains chiens de chasse ont bien évidemment de bonnes capacités reproductrices, mais elles ne sont signalées que par la propagande de leurs propriétaires et, comme on sait que chacun d'eux possède "le meilleur", l'information n'est pas très fiable. Il est, d'ailleurs, dommage que bon nombre de chasseurs ayant d'excellents auxiliaires ne viennent pas tâter des concours, beaucoup d'entre eux y réussiraient.

Il existe toutefois un danger très grave contre lequel Jean CASTAING a clairement voulu nous mettre en garde, notamment dans son ouvrage « Dressage et utilisation du Chien d'arrêt'.
Il s'agit de l'appat du gain.
Il avait prédit que des éleveurs indélicats finiraient par faire de la retrempe avec du sang étranger pour augmenter les performances et gagner dans les concours.
La finalité illustrer le fanion de leur élevage pour vendre plus de chiens et se remplir les poches...

Il avait vu juste, depuis le début du troisième millénaire les tricheurs, les menteurs et leurs sponsors se sont révélés. En une dizaine d'années ils ont pollué la race, l'hybridation est devenue épidémique.
Un groupe de dirigeants inconscients ou malhonnêtes, probablement les deux pour certains d'eux, continuent à protéger les éleveurs interlopes au mépris de la conservation de la pureté de la race.
Mais avertie, la majorité des sociétaires du Club attend l'opportunité réglementaire pour faire le ménage et dégager ces irresponsables improbes.


G .La G de B, 2009