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LE JARRET COUDE

 


Bien coudés, pas droit.
L'ancienne formule disait tout simplement "jarrets coudés".

On a ajouté "bien", probablement pour insister sur ce point auquel les griffonniers sont particulièrement attachés.
En réalité le terme de jarret coudé est tout à fait impropre. En effet, le jarret correspond aux os du tarse et du métatarse (appelé canon métatarsien) et à leurs articulations, on imagine mal cet ensemble coudé. !
Ce que veulent désigner ainsi les cynologues dans leur jargon, c'est l'angle que forme la jambe avec la direction verticale du canon métatarsien. La valeur de cet angle sera évidemment fonction de la direction de la jambe : plus la jambe sera oblique, plus l'angle sera fermé et le jarret "coudé".
La direction de la jambe est en outre fonction de sa longueur : plus elle est longue, plus elle devient oblique et plus les allures gagnent en vitesse.
Il existe un détail important toutefois, qui est lié au canon... il faut en effet que ce dernier soit quasiment vertical pour que les aplombs soient corrects. S'il est oblique, l'angle formé avec la jambe se ferme et si la jambe est longue (donc bien oblique) on aura un jarret bien coudé. On pourrait alors croire détenir la perfection, il n'en est rien, on est en présence d'un défaut grave des aplombs.
En effet, un canon oblique est un très grave défaut, il est défavorable à la vitesse, raccourcit le pas, est cause de fatigue. En statique le chien présente des aplombs "sous lui du derrière"
Voilà comment avec une définition imprécise on peut arriver à sélectionner sur une malformation !

A cet endroit une question vient de suite à l'esprit :
Avec une telle ambiguïté, une sélection sur ces bases qui remonte à plus d'un siècle aurait-elle pu provoquer des modifications structurelles dans les articulations et les aplombs ? Dans le contexte de la dysplasie de la hanche, on est en droit de se le demander. En réalité ce défaut n'est pas généralisé chez le griffon et les craintes sont donc relatives.

La définition idéale devrait donc être:
" L'angle du jarret, formé par une jambe oblique et un canon vertical doit être bien fermé, communément dit : "jarret bien coudé". Il n'y aurait alors plus d'équivoque, ni de risque. Ce point reste tout de même majeur et il était important de le souligner.
Enfin, vus d'arrière, les jarrets doivent être dans l'alignement vertical de la ligne des cuisses et situés dans des plans parallèles au plan médian du corps.
C'est ce qui règle les bons aplombs et la fonction correcte des mouvements.
Mais pour quelles raisons donc rechercher des jarrets coudés ?
Le souci permanent est la recherche de la vitesse, il s'agit d'un leitmotiv chez les éleveurs de chiens de travail. Un jarret bien coudé aura une bonne flexion et donnera un pas allongé et souple. Dans l'action du galop, l'appui au sol sera ferme.
Enfin pour le griffon, en relation avec son style, le jarret coudé joue un rôle majeur au moment de la flexion du membre. Lors du rapproché du gibier, à partir de la remontée d'émanation, à l'instant où l'allure se ralentit, le corps s'abaisse par la flexion générale des membres et un jarret bien coudé facilitera cette attitude de surbaissement, donnant toute son expression à la fameuse posture féline.

James Slaughter Brooks.

 

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