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LA GENETIQUE ET LE GRIFFON KORTHALS

 

 

 

 

La Génétique est une science moderne, au début du XXème siècle le mot gène ne faisait pas partie du petit Larousse. C'est plus précisément dans la seconde partie du siècle que les avancées ont été les plus marquantes.
L'évolution des connaissances, mais aussi des instruments de recherche ne sont évidemment pas étrangers à la fulgurance des progrès.

A l'époque de Korthals, on ne parlait donc pas de génétique, quelques Zootechniciens réputés comme STONEHENGE, BOULEY, HAMILTON-SMITH avaient indiqué quelques principes sur la reproduction, à partir d'études et de constations expérimentales.
Mais, aucune donnée scientifique ne venait expliquer ces observations. Cela tenait encore du domaine de l'Histoire Naturelle.

Une des principales présomptions consistait à dire que dans le domaine de la reproduction, le choix de la femelle est plus important que celui du mâle.
On supposait également que le mâle imprime sa forme extérieure à sa lignée tandis que la femelle lui transmet son tempérament nerveux.
Il avait été constaté que l'influence des aïeux sur leur progéniture, venait des deux côtés et remontait jusqu'à la sixième et peut être même jusqu'à la septième génération, et plus... spécialement du côté de la femelle.
Le fait que la femelle transmette une partie de son atavisme à sa progéniture, que de plus elle la porte et la nourrisse pendant la gestation, laissait supposer qu'elle exerce une plus grande influence que le mâle.
La conformation naturelle est transmise par les deux parents, disait-on, ainsi que toute variation acquise ou accidentelle. On peut donc dire que des deux côtés "le semblable produit le semblable".
De même, les caractères des parents sont transmis à leurs produits en proportion de la pureté de la race.
On prétendait alors, que la première imprégnation paraissait avoir une certaine influence sur les suivantes, théorie qui a été complètement infirmée par la suite.

Sur la consanguinité, par contre les idées commençaient à se préciser bien qu'encore un peu évasives: "L'union entre consanguins n'est pas nuisible au chien, lorsqu'elle est modérément employée; elle paraît même en certaines circonstances être très avantageuse".
...ou encore : "A moins d'une union entre consanguins, il est impossible de prévoir avec quelque certitude quel sera le résultat d'un accouplement".(Le Chien Editions.J.ROTHSCHILD 1876).
Les qualités des géniteurs étaient bien sure prises en compte, "parcequ'ils transmettent à la descendance non seulement leur perfection corporelles, mais aussi leurs qualités natives et acquises".

La généalogie enfin, était aussi considérée, on commençait à reconnaître l'importance des ascendants sur la race.

Voilà les principaux concepts qui étaient véhiculés à l'époque d'Edward Karel Korthals en matière de reproduction.

Sans doute Korthals fut-il avantagé par le fait, que son père occupait ses loisirs à l'élevage des vaches dans la propriété familiale de "Het Klooster" à Schotten, près de Harlem.
Ce dernier s'était passionné en effet dans la sélection d'une famille de"Lakenvelders", dont la propriété était d'être pie-noir ou pie-rouge, avec les couleurs réparties sur l'avant et l'arrière train.
O'Breen raconte qu'il aurait même obtenu quelques sujets pie-sou-ris.....
Donc, Korthals à partir de notions généralement répandues, entreprit son oeuvre de sélection avec indubitablement, des idées personnelles bien arrêtées.
Il fit preuve d'une rare sagacité qui lui valut sa réussite. Il est classé parmi les plus grands pionniers en élevage canin de l'époque: les Laverack, Llewellin et Arkwright qui fixèrent le Setter Anglais et le Pointer.

LA GENETIQUE MENDELIENNE..

La génétique est née des travaux de Johann Mendel en 1865 qui fut l'inventeur d'une méthode expérimentale pour étudier l'hérédité.
Religieux, vivant au couvent de BRNO en Tchécoslovaquie, ce moine fut un génial jardinier.
Il entreprit de décomposer la descendance de croisements entre des lignées de petit pois différents seulement par un ou deux caractères bien définis.
Il fit donc féconder des pois jaunes par des pois verts et à la sortie et à son étonnement il ne récolta que des pois jaunes.!
Mais pensa t-il, ces jaunes là sont-ils vraiment aussi jaunes que les autres jaunes issus de deux jaunes ??
Mendel eut donc l'idée de croiser entre eux, ces jaunes "douteux" hybrides de jaunes et de verts...
.. et il eut la surprise de récolter à nouveau des jaunes et des verts, dans la proportion de trois jaunes pour un vert.
Il refit l'expérience avec des pois lisses et des pois ridés et obtint le même genre de résultat, dans les mêmes proportions.
Les lois de Mendel étaient nées:

Korthals n'eut évidemment pas connaissance de ces travaux qui furent d'ailleurs complètement ignorés à leur origine et ne furent repris qu'au début du XXème siècle.

EPANOUISSEMENT DE LA GENETIQUE.

En réalité, les travaux de Mendel furent l'amorce de la génétique en permettant d'aboutir à la définition des gènes.
En dehors de son domaine propre, la génétique a fait appel à des connaissances de physiologie, de biochimie, de physique, de mathématiques, mobilisant pendant un siècle une armée de chercheurs.
L'oeuvre est considérable et n'est pas achevée... tout est loin d'être encore expliqué et on progresse tous les jours.!
Les savants connaissent maintenant tous les mécanismes qui régis-sent pratiquement l'organisation des êtres vivants et qui assurent l'hérédité.
Ils sont arrivés à définir, à analyser, à mesurer, mais pas à compter (le champ est trop vaste !!) les composantes de la vie: les cellules, les chromosomes, les gènes, les locus, les allèles.
La complexité du sujet est telle, qu'il dépasse la compréhension de la plupart d'entre nous et pensez donc à celle du "vulgus caninum pecum".

Mais la raison essentielle de notre désarroi, c'est qu'on ne domine pas la génétique: c'est une science à part qui relève des probabilités .....et c'est heureux!

LA GENETIQUE UNE SCIENCE PARTICULIERE.

Effectivement il est scientifiquement établi que le transfert du capital génétique des parents qui s'opère partiellement vers leur progéniture se fait totalement au hasard.
Le professeur Marcel Théret, ancien responsable de la Chaire de Zootechnie à l'École Nationale Vétérinaire de Maisons Alfort, avait coutume de dire :
"La génétique se prête mal à la vulgarisation, elle tente d'expliquer un mécanisme, sans prétendre le diriger.
Grâce à une meilleure connaissance de l'hérédité et de son fonctionnement, on doit pouvoir éviter certaines erreurs et mettre toutes les chances de son côté pour faire une bonne sélection.
On parle souvent de "Loterie Mendélienne", chacun sait qu'il est rare de gagner le gros lot et espérer le gagner à chaque fois serait faire preuve d'une grande naïveté".

« Le Griffon d'arrêt de Korthals. »
Jacques Carpentier 1989/2009