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DYSPLASIE DE LA HANCHE : DEFINITIONS OFFICIELLES METHODOLOGIE

 

 

Ce qu'on appelle couramment dysplasie de la hanche, c'est, rappelons-le, une malformation entraînant des déformations des articulations des hanches.
Ces dernières subissent des caractères aggravants dus à l’âge, en raison de l'usure qui génère progressivement des défauts graves de fonctionnement.
Les composantes de l'articulation ont du jeu, se déforment, puis finissent par se désolidariser dans les cas le plus avancés.- C'est la luxation.
Ces phénomènes sont graves parce qu'ils ont été reconnus en grande partie à caractère héréditaire. Les éleveurs sérieux y sont très attentifs.

Une méthode radiologique mise au point par les Suédois Norberg et Olson permet d'évaluer la qualité de l'articulation grâce à un système de mesure conventionnel.
Les Suédois sont partis de l'étude d'une articulation parfaite :
La tête fémorale s'adapte impeccablement à l'intérieur de la cavité du coxal (os du bassin).
Dans ce cas, la coaptation coxo-fémorale est parfaite, la tête de l'os fémoral, de forme arrondie, épouse intimement son alvéole, il n'y a aucun jeu dans "le cardan" : l'articulation est irréprochable.
Il importait de trouver une méthode fiable permettant d'évaluer mathématiquement cette conformation idéale afin de l'utiliser dans les analyses des différentes configurations rencontrées à des degrés variables.

C'est le procédé de l'angle de Norberg-Olson ; ce système de mesure va permettre de définir l'état exact de l'articulation pour chacune des deux hanches du chien. Cet angle est défini : pour un ses côtés, par la ligne joignant les centres des deux têtes fémorales et pour l'autre côté par la tangente partant du centre de la tête du fémur et passant à la pointe de l'extrémité supérieure de la cavité de l'articulation (voir dessin).
Dans le cas d’une hanche exemplaire, l'angle est alors supérieur à 105° et peut aller jusqu'à 120 °. Il est défini par le sigle "A" dans le tableau officiel de référence.
Lorsque l'angle de N/O est compris entre 104° et 100°, cela correspond au sigle "B".
Souvent, un angle à la limite des 104 ° est accompagné d'un léger pincement articulaire. La tête du fémur est légèrement déplacée par rapport à la position idéale, l'angle se ferme. C'est ce qu'on appelle le stade intermédiaire.
Lorsque l'angle de N-O se situe entre 100 ° et 90 ° la coaptation est passable. C'est le sigle "C" indiquant une dysplasie légère mais suffisante pour induire une arthrose à plus ou moins longue échéance.
Lorsque l'angle de N-O est classé entre 100° et 90 ° les sigles correspondants sont le "D" et le "E" signifiant une dysplasie moyenne ou grave.
La coaptation est très mauvaise, la dysplasie est patente même chez des sujets jeunes, souvent invalidante, elle peut aller jusqu’à la luxation de la hanche.

Comme chez les humains, à ces stades graves, on peut opérer chirurgicalement les hanches, mais chez le chien, sur le plan physique, opéré ou pas, c’est l’inaptitude à la chasse.
Sur le plan génétique, vu le caractère héréditaire, les sujets atteints sont à écarter complètement de la reproduction.

Chez le griffon Korthals seuls les stades A et B sont admis, mais selon l'état des hanches dans chaque race, les degrés d'acceptation peuvent être différents. Dans certaines races, seul le sigle "A" est admis, dans d’autres on accepte les A, les B et même C.

L'élevage français du griffon Korthals qui s'occupe de la lutte contre cette affection depuis les années 80 a constaté une amélioration dans les élevages qui sont attentifs et qui sélectionnent en tenant compte de ce problème.
Le moment viendra où seul le sigle "A" sera accepté, lorsque l'affection aura encore notablement régressé. Peut-être en arrivera-t-on même à exiger pour l'examen de confirmation la radiographie de tous les sujets dont les parents n'auront pas été reconnus parfaitement indemnes.
Sur le plan légal, Il faut savoir qu'un chien de chasse se révélant dysplasique ne répond plus exigences de son utilisation. De ce fait, en cas de litige, les tribunaux sont amenés à invalider les ventes, à condamner le vendeur au remboursement du chien dysplasique et même à des dommages et intérêts s’il est avéré qu’il utilisait sciemment des géniteurs atteints. La dysplasie est classée vice rédhibitoire dans le Code Rural et est assimilée à un "Vice caché de la chose vendue" dans le Code Pénal.
Les éleveurs doivent donc en être parfaitement conscients dans leurs programmes de sélection en n’utilisant que des géniteurs déclarés non dysplasiques s'ils ne veulent pas risquer des déboires ultérieurs importants.

La radiographie est le meilleur moyen de contrôle, d'autant plus qu'elle permet une détection précoce bien avant que n'apparaissent les premiers signes d’arthrose de la hanche.
Des études faites aux U.S.A permettent des identifications fiables dès l'âge de quatre mois avec une nouvelle méthode radiologique dite Pen Hip.

Si l'hérédité est certaine dans l’apparition de la dysplasie de la hanche, d'autres facteurs interviennent.
Des facteurs d'environnement sont impliqués : la diététique et le cadre de vie pendant la croissance. Une alimentation trop riche en viande et exagérée en compléments vitaminiques et en sels minéraux, spécialement en Calcium, serait néfaste. Certaines statistiques mettent en cause les produits alimentaires préfabriqués, peut être à cause des dosages en "fortifiants" imparfaitement équilibrés.

Méthodologie de la radiographie.

Il existe une méthode bien établie pour la réalisation des radios. Les vétérinaires doivent y apporter le soin nécessaire.
La lecture de la radio n'est pas aisée, parce que souvent elle est mal prise. Une mauvaise position entraîne un défaut de sphéricité de la tête du fémur et le centrage n'est pas toujours évident. Il faut savoir qu’un mauvais centrage fait varier l’angle de N et O de plusieurs degrés de façon défavorable.
Les clubs de race s'occupent du contrôle des radiographies de leur cheptel.
À cet effet ils ont mandaté, un ou plusieurs lecteurs officiels chargés de la lecture et de l'interprétation des documents. Un certificat le lecture établi pour chaque examen est remis au propriétaire du chien et une copie de ce certificat est prévue pour le club qui gère le fichier correspondant. La commission Zootechnique de la Société Centrale Canine effectue une lecture en appel en cas de litige.

Les clubs effectuent des études statistiques en fonction des résultats globaux.
À noter toutefois que ces statistiques sont obligatoirement faussées en raison du fait que la majorité des mauvais clichés ne sont pas adressés au lecteur officiel. Les propriétaires, sachant parfaitement à quoi s'en tenir dès la sortie du développement, ne tiennent généralement pas à faire savoir que leur chien est sévèrement dysplasique.

Le Club français du griffon Korthals détient un des plus beaux fichiers sur le plan de la dysplasie de la hanche. Commencé au début des années 1980, il permet des études statistiques tout à fait fiables, autorisant à conclure à une amélioration notable.
Le pourcentage des sujets affectés était estimé à 25% à l'aurore du nouveau millénaire, certaines races ont beaucoup plus que cela.