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MONTER SON ELEVAGE SUR LE PLAN PRATIQUE.

 


Il n'est pas donné à tout le monde de créer une lignée, souvent par manque de temps, mais souvent aussi pour cause financière.
Cela revient cher et on ne peut plus se permettre d'élever comme l'ont fait beaucoup de nos aînés, à leur époque.
On peut malgré tout faire du bon élevage et créer sa famille, en une dizaine d'années. Il faut bien sûr, toujours avoir recours à des géniteurs de qualité. (bis repetita!!)
Par sélection, en utilisant une consanguinité modérée on peut arriver à d'excellents résultats.

 

LE CHOIX D'UN ETALON

Pour les amateurs qui font de l'élevage épisodiquement, sans la volonté de créer vraiment une souche, il est recommandé de rechercher évidemment les services d'un étalon de qualité.

La démarche se fera généralement en fonction de la lice, selon le désir ou non de faire de la consanguinité.
Le choix de l'étalon passe par l'étude respective des pedigrees des deux géniteurs.
Il est toujours plus intéressant de chercher des ancêtres de valeur sur plusieurs générations, plutôt que de choisir un trialer ou un Champion sans ascendance connue.
Il est indispensable de connaître le sigle d'aptitude à reproduire des géniteurs, au niveau de la dysplasie de la hanche.
Si l'étalon n'a pas été présenté dans les épreuves de travail, il peut être néanmoins un excellent chien de chasse et un procréateur valable.
Il importe de se renseigner sur son mode de chasse, sur quel gibier est-il habituellement créancé ?
Sur quel terrain pratique-t-il ? Est ce qu'il aime la ronce, va-t-il à l'eau.?
Quel est son caractère, doux, souple, obéissant??.
Sur le plan physique: il faut le voir avant d'aller conclure la saillie.
Parfois aussi, on a la chance de pouvoir voir, le père ou la mère de l'étalon, qui est né dans la maison.
L'étalon est-il bien typé, robuste, correctement construit ? a-t-il du sous-poil,??
Dans quel état est sa dentition ?

Il faut éviter les molosses, les claquettes, les poils ras, les trop grands, les trop petits !!!
Très important enfin: la personnalité du propriétaire, son caractère, sa présentation, sa façon de s'exprimer, souvent le chien est en rapport avec le comportement de son maître.
Un propriétaire connu dans le monde griffonnier présente en général de bonnes références.

On peut très bien avoir d'excellents produits avec un griffon anonyme, s'il a de bonnes qualités de chasse..
C'est même intéressant pour la race, parceque cela élargit les bases.

LA GENETIQUE ET L'ELEVEUR

On pourra retenir en conclusion, que la génétique pure au stade où elle se trouve à la fin du deuxième millénaire, n'est pas d'un grand secours pour le petit éleveur amateur de chiens.

Ce qui est important pour lui, ce sont les grands principes de bases qui ont été scientifiquement contrôlés ou établis, grâce aux généticiens et aux zootechniciens.
Les méthodes pragmatiques de reproduction liées à la consanguinité sont maintenant démontrées, Korthals en fut un génial précurseur. Il ne faut pas craindre de suivre son exemple.


Un bon éleveur de Korthals, sera toujours un bon disciple du maître, de plus, il devra être fin observateur et saura manier les statistiques.
Enfin, il faut savoir qu'un bon éleveur de griffons Korthals ne gagne généralement pas d'argent.
Lorsqu'on élève dans les règles avec un souci permanent d'amélioration, cela revient cher.
Le choix d'une reproductrice, celui d'un étalon, l'élevage d'une portée et sa sélection, demandent des investissements importants.
Le rôle de l'éleveur en cynophilie est d'améliorer la race non pas de faire du commerce.
Généralement les bénéfices financiers, que retire un bon éleveur de ses portées, lui permettent de continuer à faire sa sélection.
Il présentera quelques sujets de son élevage en concours, pour essayer d'améliorer ses géniteurs sur le plan du travail.
Lorsqu'à la sortie il joindra les deux bouts, il pourra considérer qu'il s'en est bien sorti.
Cela deviendra souvent une passion.
Un bon éleveur ne doit pas se comporter comme un maquignon, et ne doit pas être considéré comme un marchand de chiens.
Celui qui porte cette étiquette est voué à l'échec et cela finit toujours par lui coûter très cher.
Un grand éleveur doit en outre rester humble et réservé, laisser aux autres, le soin de parler de ses chiens.
Certains parlent des leurs comme s'ils les avaient eux-mêmes engendrés! Alors que la plupart du temps ils ne les ont même pas produits.
A les écouter, on les prendrait pour des génies...
En élevage, il faut rester modeste et ne jamais oublier que ce que l'on produit, on le doit aux aînés, ceux qui ont oeuvré avant nous et nous ont transmis la sève.
"L'élevage est une leçon d'humilité permanente et les grandes lignées sont les fruits des grands héritages".
Une grande race est le produit de grandes successions.
Cela aussi c'est un aspect de la génétique.

LA GENETIQUE AU TROISIEME MILLENAIRE.

A l'heure, à laquelle on parle fréquemment de contrôle de filiation par l'A.D.N. et où on la pratique couramment chez le chien, par la méthode des empreintes génétiques, on se rend compte de l'énorme chemin parcouru par les généticiens un siècle durant.
Au moment où l'on entend parler de chirurgie moléculaire et de manipulations génétiques, on doit se poser des questions graves, en tant qu'éleveur.

Par découpage de l'A.D.N. on arrive à fabriquer des clones.
On peut ainsi artificiellement, reproduire par exemple, le jumeau de sa mère...
Il faut sincèrement souhaiter que les génies de la génétique s'en tiennent strictement au développement thérapeutique de cette nouvelle voie et que leurs découvertes ne les conduisent pas à se prendre pour des créateurs.

Pour des raisons morales au niveau humain, pour des raisons de survivance au niveau de la cynophilie.
Si demain on fabrique des champions sur commande, il n'y aura plus d'éleveur.
D'ailleurs, ce ne seront pas des Champions que l'on fabriquera, mais des modèles de séries, de différentes "cylindrées" selon qu'on souhaitera un exemplaire rapide, virant à trois cent mètres ou un lent tournant dans les bottes.
Ce sera comme pour le commerce des motocyclettes!!!!

Les Champions on l'a dit, ont jusqu'ici servi à fabriquer "artisanalement" de l'excellent chien de chasse.
Avec les clonages on n'aura plus besoin de champions..!! On le fabriquera synthétiquement, à la chaîne.

Saint-Hubert nous préserve de ce genre de cataclysme et nous permette éternellement de vivre cette passion de l'élevage d'une race que nous "cultivons" depuis cent cinquante ans. « Le Griffon d'arrêt de Korthals » Jacques Carpentier 1989/2009.

...Nous avons suffisamment de soucis avec le métissage sauvage et l'hybridation qui depuis le début du millénaire est devenue envahissante.
Par la faute de quelques éleveurs « maquignons », une retrempe à outrance a été faite de façon inconsidérée.
La race est polluée et dire que les hybrides ont toujours existé, est une excuse qui ne tient pas !
Il y a toujours eu certes, comme dans toutes les races des essais d'hybridation, mais ils étaient mesurés; on en voyait de temps en temps les traces...
En ce début de millénaire on constate une véritable contagion de ce phénomène qui tient de l'épidémie !
Une petite partie des amateurs de la race, feignent de l'ignorer, soit qu'ils soient « mouillés » dans le système, soit qu'ils possèdent des sujets hybrides qu'ils veulent absolument intégrer dans le cheptel.
C'est excessivement grave et inadmissible, on ne peut pas laisser modifier les canons de la race.
Une grande majorité de griffonniers de base l'ont compris et l'ont clairement exprimé fin 2008. Ils ne l'admettront jamais et ils en ont les moyens absolus.

Jacques Carpentier. Mars 2009.