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Rappel des critères nécessaires pour obtenir le CACT ou la RESERVE


chez les GRIFFONS KORTHALS et les défauts apportés par les métissages.

 

A) GENERALITES

1) Le CACT ou la Réserve, qui se situent au même niveau, ne peuvent être attribués que si le point a été travaillé. On entend par-là, le travail de l’émanation (connaissance) et rien d’autre. On l’oppose parfois au point de surprise.

2) Le CACT et la Réserve doivent toujours récompenser un parcours au-dessus de la moyenne du concours.
Ce doit être une véritable distinction par rapport aux autres. Il faut que cela ait un véritable sens de supériorité.

3) Le CACT et la Réserve ne peuvent être attribuées qu’à des sujets montrant des allures typiques de la race.
C'est-à-dire, si le point a été travaillé et que le parcours ait été au-dessus de la moyenne du concours (grand mérite), dans le cas contraire il n’est même pas question d’y penser.

Ce troisième point est aussi important que les deux précédents, parce qu’il va permettre de mettre en évidence des attitudes et des allures étrangères à la race.

C’est donc au travers de l’analyse de ces allures que le juge de travail peut et doit combattre les métissages, puisque comme on nous l’explique, à ce jour il n’existe pas de moyen pour les mettre en évidence scientifiquement. Pourtant cela nous simplifierait la tâche. C’est un enjeu important pour les années qui viennent afin de ne pas perdre l’identité de notre Griffon.

Le regretté Robert MARTINEAU, qui fut un grand cynophile, amateur de Pointers, a écrit en 1973 dans notre bulletin, « Le Style de race, au même titre que les caractéristiques morphologiques, est un caractère ethnique indiscutable de l’ensemble racial que les Clubs et les éleveurs ont le devoir de maintenir. »
Les différentes attitudes d’un chien dans son travail servent à définir le style inhérent à sa race, l’allure, le port de tête, la quête, la prise d’émanation, les remontées, l’arrêt, le coulé en sont les critères de base.
Les Pointers, les Setters, les Epagneuls, les Braques et les Griffons n’ont évidemment pas les mêmes comportements dans ces attitudes.
Monsieur MARTINEAU fait alors remarquer que ces attitudes sont conditionnées par les morphologies de chaque race. La construction dans un rectangle de notre chien dite, médioligne à corps long, situe le corps plus près de terre que les COBS comme les Braques ou les Pointers, par exemple. Cela permet d’allonger les foulées et les jarrets coudés influent sur les appuis qui s’abaissent dans les phases de ralenti, au moment de la détection du gibier.

Un chien court donc, comme il est construit et en fonction de l’emplacement de son centre de gravité, qui chez le griffon est estimé au niveau de l’estomac,

C’est autour de cet axe fictif, que le galop du KORTHALS accuse un très léger mouvement de bascule et avec l’angulation de ses rayons, le Griffon a une course souple. A noter que lorsque le chien est fatigué, le basculement s’accentue. Par ailleurs la ligne de dos qui est longue, doit être tendue pour favoriser l’impulsion, de plus l’obliquité de l’épaule favorise la vivacité et la souplesse.

Lors de sa conception, le chien hérite de la conformation de ses ascendants, une fois sa croissance terminée, elle sera définitivement fixée pour toute sa vie.


B) PARTICULARITES DU GRIFFON

Le standard de travail du Griffon a donc été établi d’après le standard de race, pour déterminer les allures spécifiques du Griffon KORTHALS.

LES EPREUVES DE TRAVAIL ont pour but de mettre en avant sur le terrain les meilleurs représentants désignés à l’attention des éleveurs désireux de produire des chiens de qualité c’est-à-dire des géniteurs qui ont conservé au plus haut point les caractères de leur race et la passion de la chasse au travers du titre de trialer et pour les meilleurs le titre de champion, mais bien entendu et surtout dans le cadre du style inhérent à notre race. Il s’agit de sélection des meilleurs Griffons.

Depuis six ans, j’ai observé plus de 2 500 parcours de chiens de toutes races et plus particulièrement 1 000 à 1 200 parcours de Griffons, dans des biotopes variés et sur des gibiers différents. Mon œil me semble assez bien exercé.

J’ai noté une dérive certaine dans les allures de certains sujets qui m’ont été présentés, c’est pourquoi j’ai pensé intéressant de bien repréciser tous les critères concernant les allures particulières au Griffon pour pouvoir décerner un CACT ou RCACT.

1 – La Quête : L’étendue de la quête n’a aucun rapport avec la morphologie. Il s’agit généralement d’un problème de mental, de passion et d’entraînement. L’absence d’étendue de quête est souvent due à une éducation orientée sur le rappel, on craint qu’il parte trop loin et on finit par le « casser… » ou pire en cas de gibier posé lorsque le maître qui a connaissance de l’endroit rappelle son élève pour l’amener directement sur le gibier. Aucune initiative n’est alors laissée au sujet, on a peur qu’il parte trop loin et on le démotive.
Chez le Griffon la Quête doit être étendue latéralement, voir très étendue dans la mesure où le chien reste dans la main de son conducteur. (Nos archives nous décrivent des Griffons prenant des points à l’horizon… 1865.)
Une quête non étendue traduit un manque de passion, un mental atrophié.

2 – Le Galop : Chez le griffon il doit être soutenu et constant légèrement basculant, le corps paraît balancer légèrement d’arrière en avant autour de l’axe fictif du centre de gravité. Il ne doit pas y avoir de contrôle au sol. Le galop ne doit jamais être « avide » comme chez le Pointer qui lance ses antérieurs très loin vers l’avant en les montant au maximum vers l’horizontale pour allonger la foulée, alors que les postérieurs se projettent au maximum en arrière dans un élan puissant, c’est un mouvement caractéristique spécifique au Pointer. Alors que les Setters ont un galop rasant en continu, un mouvement fluide et ample la ligne de dos restant horizontale et paraissant immobile.
Les juges connaissent bien ces expressions spécifiques à chacune de ces races et doivent les pénaliser lorsqu’elles sont constatées dans des races où elles ne sont pas inhérentes.

3 – La Vitesse : Chez le Griffon, elle doit être rapide, vive et soutenue, mais elle doit être relative, de type continental, cela veut dire qu’un Griffon ne doit pas galoper aussi vite qu’un Pointer ou qu’un Setter.
Si la vitesse est trop grande, c’est que le sujet n’est plus dans le style de la race : il a souvent un galop rasant et un port de tête au-dessus de la ligne de dos de façon continue. Il y a là matière à grosse suspicion et à part quelques rares cas exceptionnels il s’agit bien de caractères de mésalliance.


4 – Le Port de tête du Griffon est caractéristique : pendant sa course il doit être dans le prolongement de la ligne de dos, légèrement en marteau (C’est-à-dire avec une petite inclinaison du nez vers le sol), mais jamais au-dessus le la ligne de dos comme chez le Pointer ou le Setter… mais par contre, le port de tête doit se relever au moment de la prise d’émanation et de la remontée au point. Les juges devraient être particulièrement attentifs sur ce point et pénaliser en conséquence.

5 – Les Remontées d’émanation au moment de la première prise d’émanation le Griffon relève le nez, puis en un second temps il va ralentir son allure, il va quitter son exploration méthodique et monter dans le vent la tête relevée dans la direction où il a localisé. Il va avancer avec décision et en souplesse, ses appuis fléchissant progressivement, pour finir rasantes. Cette phase est très styliste, elle doit améliorer nettement la note du concurrent par rapport aux autres qui n’étaleraient pas ces qualités à cet endroit.

6 – Les Arrêts peuvent être debout (plantés), si bloqués en pleine course. En général ce sont des arrêts dits courts, le point doit être accordé, mais il n’a pas été travaillé, ce qui ne doit pas permettre l’attribution d’un CAC ou de la RCAC. (Sauf cas exceptionnel, par exemple limite de terrain avec un vent mal orienté auquel cas il n’est pas possible de travailler le point).
Beaucoup d’arrêts ne sont pas fléchis, ce qui est contraire à notre standard de travail, pire certains sujets se tiennent debout après la remontée d’émanation tournant la tête vers le conducteur, ce qui est une faute, souvent conséquente à une réminiscence du dressage, (crainte du maître qui a corrigé pour obtenir la sagesse à l’envol). Le chien ne bloque plus le gibier à cet instant il n’a plus d’arrêt tendu, il doit donc être pénalisé.
A noter que les arrêts couchés doivent être proscrits et éliminatoires, ce sont soit des stigmates de métissage (croisement avec les Setters dont la principale qualité est d’arrêter couché, soit des conséquences de dressage, le chien a été dressé pour se coucher après l’arrêt pour éviter qu’il ne bouge à l’envol, ce sont des arrêts dits plaqués, ils ne sont pas valables… et le chien doit donc être éliminé.

7 – Les Coulés doivent être absolument du type félin, chez le Griffon c’est-à-dire que la progression doit se faire complètement fléchie, presque rampante, le cou toujours tendu, le nez relevé, pour les connaisseurs c’est le summum dans l’expression du style chez le Griffon.
Aujourd’hui les allures félines se raréfient, on ne voit plus beaucoup de coulés rasants, il est même devenu exceptionnel d’en rencontrer. Ces défaillances de style doivent priver du CAC ou de la RESERVE.

8 – Le Fouet ne doit pas fouailler. Le fouaillement traduit généralement un arrêt sur lequel les oiseaux ne sont pas verrouillés ou des oiseaux qui ne sont plus dans l’axe du chien. Ce défaut là, à mon avis n’est pas un problème de métissage, mais est de toute façon pénalisant.


CONCLUSION :

C’est dans les allures : la vitesse, le port de tête et le style de galop que se repèrent d’abord les infusions exogènes, ensuite ce sont les phases de remontée du gibier, d’arrêt et de coulé qui illustrent les défauts dus à l’hybridation.

Les juges doivent y être particulièrement attentifs et faire respecter les critères inhérents au style de notre race, pour décerner les récompenses, à la demande du comité du Club français du Griffon d’arrêt à poil dur KORTHALS.

Les intérêts de notre race sont desservis par des trialers ou des champions hybrides.
Notre classe travail va s’amoindrir, qu’importe, il nous faut des champions authentiques, c’est mon souhait et contrairement à d’autres je n’ai pas peur de mon ombre.

C’est le souhait de l’immense majorité des délégués que l’on peut d’ailleurs vérifier au travers d’une enquête sur le prochain bulletin des délégués.

Le 9 Novembre 2006 pour réunion de Comité du 12 Novembre 2006


Jimmy LECLERCQ –Juge de travail