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Paul Lacombe produit actuellement une série de 5 articles sur les sens de nos amis canidés.

 

Mr. Lacombe est un Québécois, amateur de Griffons. Il est présentement en cours de certification pour le CPDT (Canine Professional Dog Trainer) ce qui exige de bien connaître l’origine des chiens et des races, leur comportement, leur mode de communication, la biologie animale, et bien d’autres. Ses recherches l’ont conduit à amasser beaucoup d’information sur le meilleur ami de l’homme, qu’il partage avec nous dans une série d’articles à paraître dans les prochains mois. A suivre donc...

1. L'Ouïe ...... 2. La Vue........ 3. Le Toucher .........4. Le Goût ........ 5. L'Odorat

 

 

 

 

 

 

1. L'Ouïe

La partie externe de l’oreille du chien est très différente de celle de l’humain, et a une forme très varié, dépendant de la race. Les oreilles tombantes n’affecteraient pas beaucoup la capacité de ces chiens à entendre les sons. Cependant, les chiens aux oreilles dressés (comme le berger allemand) les utilisent de façon indépendante, et il pourrait écouter des sons venant de sources différentes. Visualisez le berger allemand avec une oreille attentive pointée vers vous, et l’autre pointée vers l’arrière pour entendre ce qui s’y passe. Finalement, cette particularité lui permettrait, par ‘’triangulation auditive’’, de détecter de façon très précise la provenance de la source du bruit, mais pas la distance à laquelle elle se trouve!
La partie interne de l’oreille ressemble beaucoup à celle de l’humain, et fonctionne de la même façon. Cependant, alors que l’être humain peut entendre des sons jusqu’à 20,000 Hz, le chien pourrait capter des fréquences allant jusqu’à 100,000 Hz. Son oreille étant aussi plus sensible, il pourrait capter des sons beaucoup moins forts en amplitude. Ceci a le désavantage de le rendre plus sensible à des sons de basses fréquences, comme les feux d’artifices, des coups de tonnerre ou…des coups de fusils. Les scientifiques croient que, dans la nature, les sons de basses fréquences sont synonymes de ‘’problème’’ (un gros animal qui court pourrait être un prédateur?), alors que le son de haute fréquence serait associé à une proie, comme l’oiseau ou le mulot. D’où le réflexe différent pour les bruits sourds, ou aigus. (Comme la voix de l’homme et celle de la femme?) Le grognement très sourd est aussi de basse fréquence, alors que le jappement aigu du chiot ne sera pas perçu comme une menace
Le saviez-vous?
-Les scientifiques s’accordent pour dire que ceux qui ont les oreilles tombantes se servent de cet attribut comme d’un entonnoir pour canaliser les odeurs! Le Bloodhound qui est sans doute le plus habile des renifleurs, est celui qui a aussi les plus longues…oreilles!
-Il existe une activité appelée free-style ou le maître et le chien dansent ensemble sur un rythme musical. Rien ne dit si nos griffons préféreraient Johnny Halliday, ou Britney Spears!

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2. La Vue

La vision chez le chien :
Il existe deux composantes sur la rétine de l’oeil, qui sont les cônes et les bâtonnets. Le premier aide à détecter les couleurs (longueurs d’onde) et de bien distinguer les formes alors que le second est sensible à de la lumière de faible intensité (vision de nuit) et au mouvement. Comme vous vous en doutez sûrement, le chien (comme beaucoup de mammifères) a peu de cônes, et beaucoup de bâtonnets (dans la partie centrale de la rétine).
Jusqu’à tout récemment, on croyait que le chien ne voyait qu’en noir et blanc, mais il peut effectivement voir certaines couleurs. Cependant, l’orange, le rouge et le vert seraient identiques pour lui. (Ceci explique que votre dossard orange sur fond vert ou rouge ne sera pas perçu par le cerf, à condition de rester absolument immobile).
Le chien est…myope! Comparé à l’humain, Il ne distingue pas très bien les formes, et a un peu de problème avec la perspective. Cependant, il compense par une étonnante capacité à détecter le plus subtil mouvement. Ainsi, à une certaine distance et si le vent n’apporte pas votre odeur, votre chien pourrait japper vers vous sans vous reconnaître. Si vous commencez à bouger, son cerveau sera capable d’analyser le mouvement et de vous reconnaître simplement par votre démarche! Ceci est un ingrédient clé (avec la capacité de voir dans la pénombre) pour la survie des prédateurs et …des proies! Tout aussi important, la capacité à l’immobilisme, comme nos chiens d’arrêt!
L’humain a un champ de vision d’environ 180 degrés, le chien 270 degrés. Il peut ainsi voir un peu ‘’derrière’’ lui. (Certaines races ont les yeux plus sur le côté ou plus sur le devant, un peu plus protubérant ou ‘’encastrés’’ ce qui fait varier le champ de vision).
Finalement, la capacité de l’humain à focaliser sur un objet situé très près, est d’environ 7 cm. Le chien pourrait ne pas reconnaître un objet situé à moins de 50 cm (un peu comme ce qui m’arrive graduellement avec les années!).

Le saviez-vous?
- La fusion d’image pour l’humain (le point où une succession d’images nous apparaît comme un film) est autour de 50-60 Hz (ou images par seconde). Pour le chien, ce serait autour de 70 à 80 Hz. Pour lui, la télévision est comme une série d’image changeant rapidement!
- Le chien a une troisième ‘’paupière’’ à l’intérieur de la paupière inférieure, et est utilisée un peu comme ‘’essuie-glace’’ qui balai les corps étrangers. On peut l’apercevoir à l’occasion lorsqu’un chien ne se sent pas bien.
- Derrière les photorécepteurs de la rétine, le chien à une ‘’membrane’’ appelée tapetum lucidum. Cette couche réfléchit la lumière reçue par l’œil. Ceci aiderait à accroître encore plus la vision de nuit puisqu’il détecterait ‘’une deuxième fois’’ la même lumière...C’est cette même réflexion qui fait que la nuit, on peut voir les yeux rouges, jaunes ou vert d’un animal dans la pénombre (les yeux de ‘’démons’’…!). Cependant, à cause de l’angle de réflexion, l’image serait un peu floue, comme une surimposition (deux images un peu ‘’décalées’’). Puisque le chien pourrait être ‘’aveuglé’’ par la lumière venant de la lune ou des étoiles à cause de cette capacité de réfléchir la lumière, seulement la partie supérieure de la rétine a le tapetum lucidum, alors que la partie inférieure (captant la lumière venant du haut) a un tapetum nigrum qui elle ne réfléchit pas la lumière. La nature fait bien les choses!

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3. Le Toucher

Dans la chronique précédente sur la vision, on a parlé de l’incapacité du chien à faire le focus sur un objet situé très près de lui. Il passera ainsi à un autre sens afin de bien l’identifier. Bien évidemment, le nez sera mis à contribution, (organe dont on parlera prochainement) mais aussi le sens du toucher. Ainsi, le chien touchera à l’objet avec sa patte (visualisez le chat qui ‘’joue’’ avec une souris pour voir si elle est bien morte…encore plus spectaculaire si l’objet reste ‘’collée’’ sur la patte!). Il pourra aussi lécher l’objet afin de tenter d’en identifier le goût (encore une autre chronique!) ou le prendre dans sa bouche pour analyser la texture ou la forme.
Comme chez l’humain, le premier contact du chien est à travers le toucher avec sa mère (ou ses congénères), avant même d’entendre ou de voir. Le toucher deviendra par la suite une part importante de son mode de communication.
La mère lècherait les chiots naissant pour stimuler leur circulation sanguine, mais aussi pour enlever les traces de sang et de liquide corporel qui pourrait attirer d’autres prédateurs. Plus tard, elle le fera aussi pour garder les chiots (et la tanière) propre (dégoutant!!!!).
Les premières règles sociales sont transmises au chiot par la mère ou d’autres membres de la meute, par des morsures ne causant généralement pas de lésions. La caresse transmise au chien par le maitre pour exprimer sa satisfaction sera perçue comme telle, et aura un effet apaisant comme la mère qui le lèche (parlez-en à Freud!). Le petit tapotement avec la main qu’on lui offre parfois le laisse bien perplexe, bien qu’il comprendra bientôt que c’est aussi une marque d’affection. Les chiots dorment empilés les uns sur les autres, et plus tard il aimera dormir (littéralement) aux pieds de son maitre. L’expression ‘’dormir en chien de fusil’’ démontre bien que le chien aime être touché. Les caresses et massages auraient un effet apaisant tout comme chez l’humain. À rebrousse poil, l’effet contraire est créé, et ceci est parfois utilisé sur des chiens avant leurs tests d’agilité ou d’obéissance afin de les stimuler. Il existe des acupuncteurs pour chiens, et des spécialistes en massages. On retrouve même en magasin le ‘’Ttouch’’ utilisé pour les chevaux et les chiens afin de les aider à relaxer.
Le saviez-vous?
Chez les chiens qui mâchent des objets de façon compulsive, le stress à la mâchoire ainsi que dans le cou seraient une des causes principales. On dit que le massage des mâchoires, du cou et même des gencives l’aiderait en ce sens et pourrait même réduire son obsession!
Les vibrisses (ou poils tactiles) se retrouvent sous, sur et sur les côtés de la tête et servent à ‘’ressentir’’ les formes, notamment dans le noir. Ceux-ci sont plus développés (et plus utilisés) chez certaines races comme les terriers, on comprendra pourquoi. Les vibrisses peuvent se soulever complètement lorsque le chien est agité. Dans ce cas, tous ses sens sont mis à contribution (par exemple lors d’une situation inquiétante pour lui) y compris le toucher.

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4. Le Sens du Goût

Lorsqu’on observe ce que notre compagnon canin peut ingérer (et je vous fais grâce des détails…), on est en droit de se questionner s’il a vraiment du …goût. Celui-ci est en effet moins développé que chez l’humain. Le chien (ou loup) qui vit en meute, mange ce que ses congénères mangent (par imitation), et ce plus rapidement s’il perçoit qu’il pourrait se faire voler sa ration.

Ses papilles gustatives reconnaissent les goûts selon une des 4 classes suivantes :

A- Le goût sucré, est celui qui est associé au plus grand nombre de papilles gustatives.
B- Le goût acide qui aurait peut-être, dans son origine, la reconnaissance des produits nocifs
C- Le goût de viande (et sang)
D- Et le goût sucré provenant surtout des fruits (un peu différent de A).

À noter que le chat, qui est un ‘’vrai’’ carnivore, ne reconnait pas le goût sucré, contrairement au chien. Ceci prouve bien que le chien est un omnivore, et pas un carnivore.

Des tests, réalisés par des manufacturiers de nourriture pour chien, ont démontrés que le chien préfère en général :

- La viande cuite, plutôt que crue
- Manger la nourriture chaude, plutôt que froide
- Le bœuf, porc, agneau, poulet et viande de cheval (dans cet ordre)

Il semble bien qu’il ne reconnait pas le goût salé, bien que les experts ne s’entendent pas sur ce point.

Plusieurs produits domestiques sont hautement toxiques pour le chien. C’est le cas avec le chocolat, mais aussi avec l’antigel qui a aussi un goût sucré. À faible dose (à peine quelque ‘’lichée’’), il peut causer la mort en quelques heures si un traitement n’est pas effectué rapidement. Attention à un radiateur qui fuit et un chien qui passe ses journées au garage... Demandez plutôt à votre garagiste un antigel à base de propylène glycol plutôt que d’éthylène glycol (qui est le produit toxique dans l’antigel).

Certaines plantes sont aussi très toxiques, notamment certains crocus, rhododendron, philodendron, poinsettias, et bien d’autres…

Le saviez-vous :

La mastication chez l’homme sert, bien sûr à broyer les aliments, mais aussi à y mélanger de la salive qui entame le processus de digestion des aliments. (L’homme produit d’un demi à un litre et demi de salive par jour!) La salive du chien est composée à 99% d’eau, et n’a qu’un rôle de lubrifiant (pour faire passer la nourriture) Il ne faut donc pas s’inquiéter pour la santé digestive du chien qui avale littéralement son repas!

Finalement, des chiots nourris exclusivement de produits végétariens jusqu’à l’âge de six mois, ont par la suite systématiquement rejetés la viande…Ce qui montre bien que ‘’les goûts ne sont pas à discuter’’…

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5. L'Odorat

Que dire de plus….Alors que l’homme reconnait son univers principalement par la vision, le chien lui se fie surtout à son odorat. On connait bien l’utilisation des chiens pisteurs pour la recherche et sauvetage, pour la chasse et pour retracer des substances illégales, soit les explosifs, la drogue et les produits agricoles dans les aéroports. Mais on l’a utilisé aussi pour trouver des fuites de gaz naturel. (en Ontario dans un gazoduc des chiens auraient trouvé 190 fuites sur 150 km, alors que la conduite était enfouies jusqu’à 6 m dans le sol). On les utilise aussi pour la détection des crises d’épilepsies (on ne sait trop comment le chien le fait, on croit qu’il percevrait des odeurs reliés aux changements chimique dans le corps), et bien d’autres (les ‘’truffiers’’ par exemple)

Mais voyons en détail comment le processus d’évolution a fabriqué une ‘’machine’’ à reconnaitre les odeurs en le comparant à l’être humain :

Même le plus petit des chiens a un museau qui dépasse en longueur celle des humains (même les mieux nantis d’entre nous!). Ceci veut aussi dire plus de distance à parcourir par les particules d’odeurs qui ont de meilleures chances d’être captées par les ‘’capteurs d’odeurs’’. Pour simplifier, on appellera ces capteurs ‘’cellules olfactives’’ dotées de cils, genre de poils qui capturent les particules en suspension dans l’air qu’on respire.

La narine du chien est en forme de ‘’virgule’’ ce qui permet de faire tourbillonner l’air qui entre dans le museau. Ceci augmente la probabilité qu’une particule soit captée par un cil. L’intérieur du museau possède aussi un genre de ‘’turbine’’ (encore une fois pour simplifier) qui crée aussi cet effet de tourbillonnement. Sa narine peut aussi facilement se dilater pour faire entrer plus d’air.

Le bout du museau et les narines sont humides ce qui aide à dissoudre les particules pour mieux les capter (même par temps sec)! Les ‘’turbines’’ auraient aussi ce même effet, en plus de réchauffer l’air entrant. Ceci crée une expansion des particules qui peuvent encore être mieux captées. (La soupe chaude a plus d’odeur que froide!)

Alors que la taille moyenne du cerveau du chien est de 15% de celle de l’humain, la portion qui ‘’traite’’ les odeurs serait 10 plus volumineuse chez le chien que chez l’homme! Toute proportion gardée, la capacité du cerveau du chien à faire l’analyse des odeurs serait donc de 50 à 100 fois supérieure à l’humain! Et ce, seulement pour traiter l’information sur les odeurs déjà captées…

L’humain aurait 5 millions de ‘’cellules’’ olfactives, le chien, quelque centaines de millions…Chez l’humain, il y aurait environ 6 à 8 cils par cellule, chez le chien, de 100 à 150 cils par cellule…..

Alors que l’humain cesse de percevoir une odeur avec laquelle il est en contact depuis plusieurs minutes (on ne la perçoit plus, on ‘’s’adapte’’), le chien pourrait continuer de la percevoir pendant des jours (voir différents articles sur les chiens pisteurs). De même, la capacité de ‘’mémoire’’ d’une odeur (donc de s’en rappeler les ‘’détails’’) est beaucoup plus fiable chez le chien que chez l’homme.

Le saviez-vous?

-Le chien est dotée d’un organe appelé voméronasal (ou de Jacobson) qui lui permet de capter des odeurs alors qu’il a la tête sous l’eau, donc sans inhaler de l’air!!!

-Le chien aurait la capacité de dissocier les odeurs. Ainsi, ce qui pour nous sent le ‘’ragoût’’, pour le chien il s’agit d’une somme d’odeur. Si le chien savait parler….il pourrait vous énumérer chacune des composantes du ragoût soit chacun des viandes, légumes, herbes et épices qui le composent! Retour Menu

Paul Lacombe - Canada